On découvre Tupiza après une longue route de six heures au rythme de « soupe » (dixit Yanick) des années 80 (cela devait bien faire 25 ans que Mélanie n’avait pas écouté Glenn Medeiros et Rick Astley…). En soi, Tupiza n’a rien de très charmant mais elle est entourée de magnifiques paysages et c’est l’un des points d’entrée pour visiter le Salar d’Uyuni hors des circuits les plus prisés. Initialement, on pensait découvrir les alentours avant de partir en excursion mais, notre chambre froide, sans fenêtre et hors de prix, le fait que la plupart des sites sont compris dans le tour que nous allons faire et le côté un peu rude dudit tour, nous font changer d’avis. Finalement, on fera une journée repos, école, piscine et marché pour s’équiper en bonnets et remplacer la jaquette perdue d’Alexis avant de partir pour quatre jours.
C’est donc super motivés et reposés qu’on est prêts à 7h20 tapantes devant la jeep qui va nous conduire pendant ces prochains jours avec notre guide qui parle français, Elisabeth, et notre chauffeur, Walter. Cette première journée va nous faire découvrir des paysages à couper le souffle qu’on n’aurait pas vus en partant d’Uyuni. On a vraiment fait le bon choix. Malgré les 350 kilomètres et l’arrivée à près de 18 heures, on passe une journée magnifique !
Notre première nuit à 4’200 mètres par 14 degrés, dans ce que l’agence appelle une « accommodation basique », soit en résumé, pas de douche ni de chauffage, est assez rude. Jérémy ne supporte pas le sac de couchage et hurle plusieurs fois dans la nuit en réveillant toute la chambre, voire l’hôtel. Yanick, lui, est malade comme un chien et ne dort quasiment pas. Bref, on ne se réveille pas très frais… Et on est très heureux d’apprendre que « ce soir, ce sera pire, l’accommodation est encore plus basique » (ah bon c’est possible ???).
Cette deuxième journée nous emmène dans le Sud Lipez, une région isolée où les pistes sont situées entre 4’000 et 5’000 mètres, entourée de volcans majestueux, de lagunes colorées, et peuplée de lamas, de vigognes et de flamands roses. Impossible de décrire ces lieux majestueux et magiques. On dit juste « Ouahhhhh » et on vous laisse découvrir.
La lagune puante et la lagune de savon
La lagune verte
Les eaux thermales où Mélanie, Alexis et Jérémy prendront un bain à 40 degrés des plus agréables si on supporte le froid pour se mettre en maillot… Les loulous ont adoré et ne voulaient plus sortir ! Dommage pour Yanick qui est vraiment malade et dort dans la voiture.
Les geysers, une sensation vraiment étrange de sentir bouillonner la terre sous ses pieds.
Et la laguna colorada, juste magique !
En arrivant à notre « hôtel » à 4’350 mètres, on comprend ce que la guide voulait dire ce matin par « plus basique » (c’est un combien d’étoiles maman ? Ben, zéro mon chéri….). Il doit bien faire 9 degrés dans la chambre, un pur bonheur. Au moment de se coucher avec les enfants (le pauvre Yanick dort depuis un moment, il a déjà eu du courage de supporter la jeep cahotante dans son état…), Mélanie, bien au chaud sous son bonnet, a une grosse pensée pour ses deux collègues qui se reconnaîtront pour qui « à moins de cinq étoiles, y a pas moyen !!! ». Etonnamment, on s’est peut-être habitués ou ce sont les bouteilles d’eau chaude préparées par la guide en guise de bouillottes mais on dort finalement assez bien cette fois, ouf !
Pour le troisième jour, on découvre à nouveau des formations rocheuses et des lagunes superbes mais avec beaucoup moins de soleil malheureusement. Le soir, on dort dans un hôtel de sel magnifique, bien que toujours basique ! Bon, cette fois, il y a une douche et même chaude (mais payante), un moment de pur bonheur…
Enfin, le quatrième jour, réveil à 4h30 pour aller voir le soleil se lever sur le Salar d’Uyuni. Les enfants, comme toujours pendant ce tour, sont géniaux et se réveillent sans rechigner, malgré qu’ils se sont endormis assez tard, le souper ayant tardé. Heureusement, les parties de Uno avec des français qui font le même tour que nous ont aidé à passer le temps.
On vit vraiment des instants magiques et le lever du soleil sur une île remplie de cactus presque seuls au monde au milieu du désert est un moment incroyable à vivre.
Encore une fois, il est vraiment difficile de décrire la magie du Salar. On vous laisse donc essayer d’imaginer avec nos photos qu’il a été difficile de sélectionner vu le nombre qu’on en a fait….
On part ensuite sur le Salar et on fait plein de photos marrantes qui font rire les enfants.
Quelques dernières photos et le tour se termine déjà. On quitte nos copains français, la guide et le chauffeur, fatigués mais tellement éblouis et heureux. En arrivant à notre hôtel, on apprend une triste nouvelle, le décès d’une connaissance, ancien moniteur de gym de Mélanie. On pense évidemment fort à sa famille et on se dit aussi qu’on a vraiment raison de profiter de la vie comme on le fait, tout ça est tellement fragile…. On va donc continuer à vivre notre rêve dès demain après un trajet de plus de dix heures jusqu’à San Pedro de Atacama au Chili.
Après deux vols (La Paz-Cochabamba et Cochambaba-Sucre), dont le deuxième – en plein orage et à ras les montagnes – a fait regretter le bus de nuit à Mélanie, on arrive dans notre hôtel à Sucre. Comme on arrivait tard, on a de nouveau voulu réserver avant notre arrivée pour ne pas devoir courir dans toute la ville pour trouver une chambre. Les chouettes hôtels recommandés étant tous pleins pour changer, Mélanie, en désespoir de cause, a tenté d’envoyer un mail à un cinq étoiles et, oh miracle, ils nous ont proposé une offre de dernière minute : 60 francs la chambre double ! On a évidemment sauté sur l’occasion et on pourra donc vivre la vie de palace (bolivien) pendant quelques jours, ce qui est bien agréable. Les enfants auront même droit à leur premier bain depuis le départ : ils sont tout contents car cela leur manque !
Le dimanche à Sucre, c’est quasiment la Suisse : tout est fermé ou presque. Après avoir parcouru la ville pour découvrir la belle place principale et quelques couvents et églises tous fermés (ou occupés par la messe), on fait comme les boliviens : on va au parc !
Au passage, on découvre la Cour constitutionnelle, un palais plus beau que notre Tribunal fédéral. Val, Mélanie a même trouvé les lions (bon d’accord pas juste devant) !
Le parc Bolivar a des petites allures françaises avec sa réplique de la Tour Eiffel construite par Gustave Eiffel et des jolis jardins, mais, ce qui fera le grand bonheur des enfants, c’est la place de jeu géante sur le thème des dinosaures. Alexis s’éclate sur un énorme toboggan alors que Jérémy a peur mais essaie les autres jeux.
Le soir, avec tout ce qu’il s’est dépensé, Alexis dévore le premier cordon bleu de sa vie avec un énorme appétit. Est-ce qu’il commencerait à goûter et surtout à apprécier de nouvelles saveurs ???
Le lendemain, départ en micro (un mini bus bondé) pour nous rendre au parc Cretácico où l’on trouve la plus grande collection d’empreintes de dinosaures au monde. D’après le guide, « bien que certaines empreintes soient visibles de l’extérieur, le parc en donne un meilleur aperçu et renferme des reproductions grandeur nature de dinosaures appréciées des enfants ». On veut bien le croire car contrairement à ce qu’indiquent tant le guide que l’énorme affiche publicitaire juste à l’entrée, le parc est fermé le lundi…. Grrr, on est un peu dégoûtés ! Si on avait su, on serait venus hier… On doit donc se contenter d’apercevoir les empreintes de loin même si elles sont déjà bien impressionnantes.
Ensuite, retour en micro dans les embouteillages et arrêt au parc d’hier pour se défouler un peu. Jérémy teste cette fois le toboggan et ne peut plus s’arrêter ! On essaie encore de visiter un couvent qui était fermé hier. Pas de chance, il n’ouvre que plus tard. Pffff, cela fait maintenant deux jours qu’on n’est pas très actifs et cela commence à nous démanger. On réserve donc un tour pour demain en espérant ne pas être déçus ! Et, à force de persévérance, au bout de trois tentatives, on va finalement réussir à le visiter ce couvent. On vous laisse juger mais, à notre avis, cela valait la peine d’insister !
Notre tour privé commence par une bonne surprise pour les enfants puisque le guide parle français, ce qui leur permettra de le comprendre. Après une petite heure de route, la voiture nous laisse en haut du chemin de l’inca, un sentier datant, comme son nom l’indique, de l’époque inca. On est partis pour une descente d’environ 6 kilomètres pendant un peu plus de deux heures. Les enfants ronchonnent chacun à un moment ou à un autre, mais, dans l’ensemble, ils marchent bien, aidés par le paysage exceptionnel et l’idée de marcher dans les pas des incas. Les parents, eux, sont subjugués par la palette de couleurs magnifiques et les vues exceptionnelles.
Après avoir repris un peu la voiture, on arrive dans le cratère de Maragua, une formation naturelle entourée de falaises façonnées comme des coquillages. Un autre endroit magnifique : on en prend à nouveau plein les yeux et ça fait du bien ! Après la pause dîner, on va encore observer une cascade qui doit être impressionnante quand il y a plus d’eau et on s’arrête dans une grotte qui la surplombe et qui a donné son nom à l’endroit : el garganta del diablo. On rentre fatigués mais enchantés de cette superbe journée. Malgré la fatigue, les enfants sont tout contents de leur journée et bien plus agréables qu’hier. Ca doit être cela la solution : les occuper en permanence….
Cette fois, on ne rencontre aucune mauvaise surprise durant notre trajet en bus de Copacabana à La Paz, mais une très belle route et même un divertissant passage en ferry.
On nous prédit une ville chaotique et encombrée et, en effet, dès l’arrivée dans la banlieue, on est au parfum, puisqu’il nous faut à peu près une heure pour parcourir les cinq derniers kilomètres dans les embouteillages… Après de longues recherches le jour précédent car tous les hôtels chouettes semblent pleins, on en a finalement trouvé un qui donne en plein sur l’avenue centrale de la ville. La chambre est donc bien bruyante et les enfants doivent partager un petit lit mais, au moins, on est bien placés pour partir à la découverte de la capitale la plus haute du monde (3’660 mètres).
Au vu de ce qu’on a lu et entendu, c’est plutôt sceptiques que l’on part en promenade le lendemain. En définitive, si la ville est certes hyper bondée de piétons et de voitures en tout genre qui klaxonnent constamment, poussiéreuse et polluée, on trouve quand même, au milieu du chaos ambiant, des sympathiques places, des jolies églises, des miradors avec des vues magnifiques et même des super places de jeu pour les enfants.
Il y a aussi des endroits un peu étranges comme le marché aux sorcières où l’on peut acheter toutes sortes de potions magiques et même des bébés ou des fœtus de lamas pour servir d’offrandes lors de la construction de maisons, le tout au milieu de souvenirs pour les touristes. Après le premier jour, on est donc franchement, en bons vaudois, « déçus en bien » par La Paz.
Le lendemain, on découvre de nouvelles places et surtout on fait une promenade en téléphérique ! Ca nous rappelle Nendaz et on a une vue magnifique sur la ville depuis les cabines sans devoir grimper.
En fin de journée, les enfants ayant été supers pendant ces deux jours, on leur avait promis une glace dans un restaurant avec une place de jeu intérieure. Si les parents ont moyennement apprécié la jungle reconstituée et l’ambiance fast food américain, les loulous se sont super bien éclatés et Jérémy a adoré la glace au chocolat suisse !
Au final, on a donc bien aimé La Paz et les enfants ont été très contents avec toutes ces places de jeu même s’ils ont moins aimé le bruit et le fait de ne jamais pouvoir nous lâcher la main. Pas grave, on retourne au calme à Sucre dès demain !
Après un trajet en bus prolongé par trois pannes (heureusement que nous étions au bord du lac car il a fallu à chaque fois remplir le radiateur de dix litres d’eau !) et un passage de la frontière qui a plu à Jérémy car, selon ses critères, il n’y avait pas de douane (pour lui ce sont les contrôles de sécurité), nous arrivons enfin à Copacabana, une charmante petite ville au bord du lac Titicaca. On trouve ici la seule plage de Bolivie (même si elle n’a certainement pas grand chose à voir avec son homonyme brésilienne) et la côte est beaucoup plus sauvage et moins polluée qu’aux environs de Puno.
Grâce aux bons conseils du Lonely planet, on trouve THE hôtel, celui qui aura droit à une note de 10 de chacun de nous : une sorte de maison de Barbapapa immense, avec hamacs à l’intérieur et à l’extérieur, cheminée, cuisine (qu’on n’utilisera pas au grand malheur de Jérémy), vue plongeante sur le lac et terrasse privative baignée de soleil. Un petit coin de paradis où on décide de passer quatre jours pour explorer tranquillement les environs, nous reposer, faire les leçons des enfants, jouer au Uno, bref, prendre du bon temps.
Le premier jour, une fois réchauffés de la nuit glaciale (heureusement le feu de cheminée de Yanick et les bouillottes dignes de grand-maman Macha étaient efficaces) et après l’école, on grimpe au Calvario, un chemin de croix dont l’arrivée surplombe la ville et le lac. Une superbe vue qui vaut bien les efforts consentis à 3’800 mètres quand même (on n’a plus 20 ans, le souffle est un peu court). Une fois redescendus, on visite encore la cathédrale où on assiste à une spécialité locale : la bénédiction des véhicules lors de laquelle un prêtre asperge d’eau bénite les voitures fleuries et décorées avant que leurs propriétaires ne les baptisent à la bière et au mousseux local… De quoi faire retourner Jésus dans sa tombe ! Le soir, on se remet de la fatigue avec un repas européen pour les enfants (pizza et spaghettis bolognaise) et une bouteille de sauvignon blanc local pour les parents, franchement une bonne découverte.
Les visites à ne pas manquer ici ce sont l’Isla de la Luna et l’Isla del Sol. Sur la première, on visite les ruines d’un couvent inca avec une vue imprenable sur la chaîne de montagnes enneigées au loin, magnifique !
Sur la deuxième, où, selon la légende, les premiers incas sont apparus à la demande du soleil, après une bonne grimpée de l’escalier de l’Inca, on marche à flanc de colline pour découvrir le Palacio del Inca, un magnifique vestige qu’on n’aura malheureusement pas le temps d’explorer comme on aurait voulu car il faut vite retourner au bateau pour ne pas le louper. On fait presque courir les enfants mais, ouf, on est à l’heure !
Enfin, pour notre dernier jour, outre la grasse matinée (jusqu’à 7h30 quand même !) et l’école, on part à la découverte de l’Inti Watana, une sorte de porte qui est en réalité un observatoire astronomique pré-inca. Une chouette marche au soleil dans la montagne qui termine bien notre super séjour ici. On a vraiment adoré cette première étape en Bolivie et on a les batteries complètement rechargées pour la suite qui s’annonce plus sport, si on en croit le guide.
Comme annoncé, on ne pouvait pas quitter Arequipa sans manger de nouveau dans le restaurant que nous avons tous adoré le premier soir. On a pris l’habitude, sur proposition des enfants au conseil de famille, de mettre une note aux journées, aux hôtels et aux restaurants et celui-ci a reçu à l’unanimité la note de 10+! Le repas ne nous déçoit pas, d’autant qu’on a pris le même menu que l’autre soir, à l’exception d’un ceviche de poisson excellent au lieu du poulpe. Miam, on se régale vraiment et la mousse au chocolat est toujours aussi appréciée par les loulous. Cette fois, les parents vident carrément une bouteille, santé!
Le trajet de sept heures en bus du lendemain jusqu’à Puno passera finalement assez vite grâce aux écrans sur lesquels les enfants peuvent jouer et regarder des dessins animés (même s’ils ne les terminent jamais car ils font peur…). Pour les parents, les paysages de montagnes peuplées de vigognes et d’alpagas (on passera sur les multiples croix rappelant tous les accidents qui ont eu lieu) sont majestueux et on ne s’en lasse pas. Puno n’est pas vraiment aussi charmante que les autres villes que nous avons visitées mais c’est la porte d’entrée pour le lac Titicaca et on doit donc s’y arrêter. On trouve quand même un hôtel sympa et on part à l’assaut de la nuit glaciale.
Le lendemain, départ en bateau pour les îles Uros, un groupe d’îles flottantes typiques du lac Titicaca. On n’a pas pris de tour organisé mais un simple ferry pour pouvoir visiter de notre côté et à notre rythme. Résultat : on se retrouve tout de même embarqués avec les autres passagers sur une île où un chef de clan nous fait le laïus touristique habituel avec visite des boutiques, pirogue traditionnelle jusqu’à l’île suivante et tutti quanti. Aucun moyen de voir quelque chose d’autre que ce qu’ils veulent bien nous montrer. On a l’impression d’être à Ballenberg et c’est un peu tout ce que l’on déteste mais heureusement c’est très beau et on oublie vite cette déception pour admirer les paysages.
Au retour, on tombe sur une sorte de carnaval local avec l’équivalent péruvien de nos guggen (avec bien plus de 450 musiciens, Steve et Esther!) : haut en couleur et sympa à voir. Les loulous peuvent aussi s’amuser avec leur premier toboggan depuis les Galapagos, ils sont tout contents.
Lors de son précédent voyage au Pérou en 2000, Yanick était resté bloqué pendant une semaine à Arequipa à cause de grèves. Il en avait gardé le souvenir d’une jolie ville agréable à vivre. On a donc décidé de faire un petit détour sur notre chemin vers le lac Titicaca pour découvrir ensemble la deuxième ville du Pérou. Avant le trajet de dix heures en bus de nuit, on passe le dimanche à Cuzco en admirant un nouveau défilé en fanfare militaire, cette fois pour remercier les acteurs du tourisme local, en visitant le musée d’histoire régionale et en travaillant avec les enfants dans la cour intérieure de notre hôtel.
Un pisco sour et une dernière cena (souper traditionnel des locaux composé d’une soupe, d’un plat généralement de viande avec du riz et des frites, d’un thé et d’un dessert pour environ trois francs suisses par personne) dans notre cantine préférée plus tard, on arrive bien à l’heure au terminal terrestre. Puisque rien ne semble bouger dix minutes après l’heure de notre rendez-vous, Mélanie, en bonne suissesse ponctuelle, décide quand même de demander ce qu’il en est à l’employée de la compagnie de bus que nous avions choisi exprès pour sa fiabilité et son côté sûr. L’employée commence par nous dire que le bus ne part pas d’ici avant de nous confirmer que nous sommes bien au bon endroit mais pas dans la bonne compagnie… C’est donc un peu dans le stress qu’on finit par monter dans le bon bus, ces palabres ayant duré quelques minutes tout de même. Mélanie est furieuse mais surtout angoissée, puisqu’on est en train de ne pas suivre le seul conseil donné par notre médecin tropicaliste, soit de ne pas voyager de nuit (il avait ajouté que le plus dangereux dans les voyages comme le nôtre, c’étaient les accidents de la route…), que les bus ne sont pas tous réputés « safe » ici et qu’il pleut des cordes, ce qui ne rassure pas du tout. Une fois les enfants attachés et bordés dans leurs lits couchettes, il faut encore rassurer Alexis qui s’est forcément rappelé de ce qu’avaient dit le médecin et maman sur les chauffeurs qui ne conduisent pas tous très bien et ne se sent donc « pas très à l’aise ». Heureusement, l’aide-chauffeur leur colle un dessin animé sur leur écran personnel et ils rient tous les deux bien vite aux éclats, à tel point que l’aide-chauffeur ne veut pas leur éteindre l’écran quand Mélanie le lui demande (mais ils regardent Madame !). Pendant ce temps, Yanick dort à poings fermés, bientôt suivi par les enfants. Mélanie mettra bien plus de temps à fermer l’œil entre les ronflements du voisin, la lueur de l’écran central juste sous elle, de même que la vitesse du bus (indécente pour une route de montagne) qui s’affiche devant ses yeux, les cahots de la route et le ballottage à chaque virage. Au final, on dort tous plus ou moins longtemps et on arrive vers 7 heures du matin à Arequipa. Après avoir trouvé un hôtel, englouti un petit déj’ bien copieux pour oublier ces émotions et pris une bonne douche, on part à la découverte de la ville. Une fois de plus, on découvre une vraie merveille. La Plaza de Armas est magnifique avec ses bâtiments en pierre de lave blanche et tous ses palmiers. Il y a un petit air méditerranéen et il semble faire bon vivre ici, d’autant qu’il fait bien plus chaud qu’au nord.
Les enfants étant fatigués, on va tous faire la sieste avant de repartir en visite. Lors de la promenade, on passe devant le palais de justice qui ressemble cette fois plus à un bunker soviétique qu’à Montbenon et on finit la journée sur un rooftop pour un petit apéro bien sympa.
Arequipa étant réputée pour sa gastronomie, on décide de faire un bon repas dans un restaurant quasi gastronomique. Et on n’est franchement pas déçus, voire scotchés par toutes les saveurs que l’on découvre. Au menu : soupe de crevettes, poulpe à la plancha et steaks d’alpaga pour les parents, arrosé d’un (ou deux) verres d’excellent chardonnay argentin (le malbec péruvien s’avèrera moins goûtu). Les enfants mangent un très bon saumon avant un dessert surprise : mousse au chocolat ! On a rarement vu un aussi grand sourire au restaurant depuis le début du voyage (la cena de demain sera plus difficile à digérer pour eux !). Bref, on se fait plaisir et ça fait un bien fou !
On décide de rester ici deux jours entiers pour travailler sérieusement avec les enfants et recharger les batteries. Entre deux séances de travail, on fait quelques chouettes promenades qui nous permettent de découvrir d’autres jolies églises, des parcs verts et des beaux points de vue sur les trois volcans qui entourent la ville. Bref, une très belle étape bien reposante. Ce soir, on se réjouit tous d’un nouveau repas gastronomique avant le départ demain pour Puno en bus de jour cette fois !
Après la happy hour du soir (deux caïpi et deux mojitos car ici ce sont quatre pour le prix d’un, sympathique endroit !), on se réveille plein d’enthousiasme (hum…) à 4h15. Une fois le petit déjeuner englouti, on arrive tout motivés à 5h10 à l’arrêt de bus. C’est là que l’on va déchanter : après dix minutes à remonter la file, on n’en voit toujours pas la fin ! Grrrr… Face à la perspective d’entendre râler les enfants dans la queue pendant deux heures, Yanick nous convainc de monter à pied, une petite marche de 1’200 mètres de dénivelé… Au final, cela se révèle être 15 minutes à plat puis des escaliers hyper escarpés pendant 1 heures 30…

Ouf, les enfants ont marché comme des champions malgré la difficulté. On a même dépassé quelques adultes ! On arrive finalement au Machu Picchu un peu essoufflés mais avec l’impression d’être des aventuriers venant de la jungle et surtout d’avoir vraiment mérité cette vision magique. L’effort valait vraiment la peine, merci Yanick !
Mélanie a carrément les larmes aux yeux puisqu’elle est en train de réaliser un rêve d’enfant en découvrant ce site magique. En plus, cela lui donne l’impression de découvrir les cités d’or même s’il manque Esteban, Zia et Tao (les gens de sa génération reconnaîtront le dessin animé). On trouve un endroit qui surplombe le site pour que les adultes rêvent en profitant de la vue incroyable et que les enfants se reposent en jouant à leur activité préférée du moment : les guerriers incas.
C’est ensuite difficile de les déloger de leur rocher forteresse mais cela en vaut mille fois la peine. On prend conscience de la grandeur du site et de son côté majestueux en parcourant toutes les ruelles et en explorant les temples. Les incas sont vraiment des bâtisseurs de génie avec une énergie qui a sans doute dû être hors du commun, pas sûrs qu’on n’arrive au même résultat aujourd’hui. Malgré le monde, le site est vraiment magique et compte, selon nous, parmi les plus beaux que nous avons visité : on a le souffle coupé.
Après plus de quatre heures de découverte, on redescend en bus, il ne faut quand même pas pousser la motivation des enfants ! Puis retour en train jusqu’à Cuzco où nous retrouvons notre hôtel et son adorable personnel qui nous accueille comme des rois.
On n’est pas prêts d’oublier cette journée et ce site incomparable, ce d’autant moins (mais c’est moins drôle) qu’on en ramène un souvenir qui devrait durer quelques jours : d’innombrables piqûres de mouches des sables qui démangent très fortement…

Ollantaytambo est un adorable petit village dont les ruelles pavées datent de l’époque inca.
Il est dominé par deux imposantes ruines que nous découvrons émerveillés pour changer. Cela rappelle de bons souvenirs à Yanick. Les enfants ont plus de peine aujourd’hui mais retrouvent le sourire au moment du pique-nique quand ils ont pu jouer aux cuisiniers incas dans les ruines et encore plus, étonnamment (!), sur la terrasse de l’hôtel au moment de faire leurs leçons ! Ils ont super bien travaillé aujourd’hui et on est contents d’eux !
Départ en train le lendemain pour Aguas Calientes, appelée aussi Machu Picchu Pueblo, dernière étape avant le Machu Picchu.
On est parqués dans un train plein de touristes, les locaux ayant eu droit à leur propre train trente minutes avant nous. Cela fait un peu bizarre mais vu le prix du billet cela s’explique… La ville a été construite de toutes pièces et n’est pas très authentique mais on y trouve quand même une jolie place pour pique-niquer et quelques endroits assez chouettes. C’est en tout cas moins pire que ce à quoi on s’attendait puisque pour nous, il s’agit surtout de dormir au plus près du Machu Picchu pour pouvoir partir demain aux aurores (le départ du bus est prévu à 5h30) et découvrir le site qui nous fait rêver depuis longtemps avant les hordes de touristes. On a hâte d’y être !
On a finalement adopté la gargote locale comme cantine attitrée et on y retourne donc pour notre dernier souper à Cuzco. Miam !

Le lendemain, départ pour Pisac, village d’entrée de la Vallée sacrée. Un arrêt à l’hôtel et départ pour les ruines, une citadelle inca entre deux canyons entourée de superbes terrasses. La descente à pied est magnifique et nous permet de découvrir les vestiges de maisons et de temples : l’occasion pour les loulous de jouer aux incas.
Après une descente abrupte sous un soleil de plomb, la piscine de l’hôtel, mais surtout le jacuzzi géant, sont un vrai bonheur : tout le monde est aux anges !

Une bonne nuit de sommeil et départ pour Salinas, un site vraiment spectaculaire avec des milliers de puits salants qui servent depuis l’époque inca. On en prend encore une fois plein les yeux et les enfants sont fascinés par les techniques d’extraction du sel.
Enfin, on découvre Moray et ses cultures en terrasse creusées en amphithéâtre au milieu de l’altiplano. Une vue à couper le souffle. Décidément, à chaque jour ses émerveillements.
Aller, on file au jacuzzi ! A tout bientôt !
Comme on était tous très impatients de découvrir (ou redécouvrir pour Yanick) le pays de Mila (la nounou des loulous), le Pérou, le départ de l’hôtel de Quito à 1h du matin pour l’aéroport n’a même pas été (trop) rude. Après deux vols, un changement d’avion avec bagages sur le dos dans l’aéroport bondé de Lima, nous atterrissons à Cuzco, la capitale de l’ancien empire inca, en fin de matinée. Hormis le chauffeur de taxi qui nous a arnaqués quand nous avons refusé l’horrible chambre qu’il voulait nous fourguer (grand-maman : depuis l’édenté j’ai fait du chemin !), on s’est tout de suite sentis supers bien ici. La Plaza de Armas, que nous découvrons en premier, nous a subjugué tellement elle est magnifique. Nous dénichons un super hôtel avec lits douillets, couvertures chaudes et duvets pour les nuits froides et une très chouette cour intérieure pour se mettre sérieusement à faire les leçons avec les garçons. On va être bien ici pendant 3 jours !
Le lendemain, départ à pied à la découverte de la ville. Le matin, nous avons la chance d’assister à une cérémonie de promotion avec lever des drapeaux de Cuzco et du Pérou en fanfare militaire, y compris des coups de feu en l’air, qui ont carrément apeuré les enfants. Sur une autre place, nous avons droit à une reconstitution d’une cérémonie inca : décidément le dimanche à Cuzco, c’est fête, la Suisse est bien loin !
Contrairement à Quito, Cuzco séduit aussi les enfants, notamment avec ses murailles incas super impressionnantes.
Au hasard de la promenade, on passe aussi devant le palais de justice qui n’a rien à envier à Montbenon, même pas les fresques (si, il manque peut-être le lac). L’occasion pour Mélanie d’avoir une grosse pensée pour ses collègues !
Malheureusement, après l’effort pour monter jusqu’aux ruines de Sacsayhuáman, on a droit à une averse qui durera finalement tout le reste de l’après-midi. Raté pour le panorama, on rentre un poil congelés à l’hôtel.
Pour finir la soirée en beauté, Yanick nous a déniché une gargote locale avec un menu unique (soupe puis poulet ou bœuf, riz et frites) qui nous a coûté environ 7 francs… Alexis a même trouvé que c’était l’un des meilleurs restaurants depuis le début, un franc succès !
Le lendemain, après une matinée d’organisation de la suite de la semaine, on part direction les trois sites les plus proches de Cuzco, Q’enqo, Puka Pukara et Tambomachay, à la découverte de nouvelles ruines magnifiques. Pour un début, c’est plutôt réussi et on adore vraiment le Pérou.
Family Dreamtime 
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