C’est donc un peu nostalgiques que nous quittons la Thaïlande, d’autant que les deux derniers soirs, on a de nouveau trouvé des gargotes excellentes à des prix défiant toute concurrence, respectivement 4 fr. 50 et 7 francs pour les quatre, boissons comprises (par contre, on ne regrettera pas de n’avoir pas plus pris les transports en commun ici car on a cru qu’on ne rejoindrait jamais Mae Sot, le premier bus n’étant jamais arrivé car il a eu un accident et le chauffeur du minivan que nous devons prendre depuis Tak ayant manqué de nous assassiner quelques fois sur la route…) pour dire Min ga la ba (bonjour) le Myanmar !
Etonnamment, contrairement à ce que l’on nous prédisait (notamment sur le nombre de documents à fournir), et apart une petite panne d’ordinateur qui nous a obligé à attendre quelques minutes, le passage de la frontière est rapide et simple et on embarque assez vite à bord de la voiture qui nous amènera jusqu’à notre première étape birmane, Mawlamyine, qui fut la première capitale de la Birmanie britannique.
La route est par contre une autre histoire… A côté de ce trajet, les pistes du Sud Lipez en Bolivie étaient une promenade de santé sur une autoroute ! La route est défoncée et se transforme d’ailleurs en piste assez vite. Elle semble en cours de construction mais les travaux devraient durer car on ne croise pas beaucoup d’ouvriers à l’œuvre. C’est par contre très impressionnant à voir car ces derniers trient et positionnent les cailloux du revêtement à la main, faute de machines. Les femmes, et même les enfants, sont au travail sous une chaleur étouffante. Yanick nous avait raconté exactement la même chose de son voyage d’il y a 15 ans, à croire qu’à ce niveau en tout cas, le pays n’a malheureusement pas beaucoup évolué. En plus, il nous faut sortir au moins trois fois notre passeport à des check-points où, à chaque fois, un soldat note consciencieusement toutes les informations à la main. Bref, on a mis un certain temps pour parcourir les 112 kilomètres du trajet… Une fois de plus, comme avec le Laos, le contraste avec la Thaïlande voisine est saisissant. Durant le trajet, on n’a notamment pas vu un seul bâtiment en dur et la population a l’air de vivre dans des conditions vraiment précaires.
On a définitivement l’impression d’être des privilégiés lorsqu’on arrive dans le palace que l’on a réservé ! Une énorme piscine super bonne et une mini place de jeux avec un ballon qui traîne, les loulous sont tous fous. En plus, ils vont même pouvoir tester les tapis de course du fitness. Pour les parents, il fait bon se prélasser et pouvoir discuter en amoureux (ou presque !) un cocktail et une bière à la main. Bref, tout le monde est aux anges.
Le soir, pas de tête-à-tête romantique mais un excellent repas sur le toit de l’hôtel où les enfants peuvent jouer aux fléchettes et courir (et les parents en conséquence avoir un repas presque normal qui dure plus de dix minutes, cela faisait longtemps…) et des dessins plein de cœurs de la part des enfants. Une belle et inoubliable Saint-Valentin pour nous !
C’est en tuk-tuk que l’on part visiter les environs de Mawlamyine et quelques payas (pagodes) dans la ville. Le premier arrêt est pour l’un des plus grands bouddhas couchés du monde qui mesure 180 mètres de long. A l’intérieur, on peut voir des scènes de la vie de Bouddha reconstituées avec des statues mais le tout semble surtout à l’abandon ou en travaux, selon le point de vue. De plus, on cherche encore les jolies vieilles statues de moines figurant dans le guide. Par contre, on a croisé un couple de Peney-le-Jorat, quasiment des voisins, le monde est petit !
Deuxième arrêt pour un centre de méditation dans la forêt que notre chauffeur a voulu nous faire découvrir. L’ambiance y est particulière, surtout car il règne un silence quasi complet pour favoriser la méditation. Cela nous change des loulous hurlants, qui sont d’ailleurs étrangement silencieux sur ce coup-là !
On ne visitera pas les vestiges coloniaux de la ville qui semblent d’ailleurs vétustes mais encore quelques temples. Si les stupas sont magnifiques, on trouve l’intérieur des temples un peu kitsch avec leurs enseignes qui clignotent et leurs statues aux couleurs criardes. A l’unanimité, on préfère les temples laotiens et les thaïs.
Il règne ici une chaleur de fou et on retrouve donc avec bonheur la piscine et la place de jeux où les enfants s’amuseront à rechercher des manuscrits comme dans les cités d’or toute la fin de l’après-midi.
Pour la première fois depuis notre départ, on n’arrive pas à obtenir des informations claires sur les bus pour notre prochaine destination, l’hôtel nous disant qu’il n’y en a qu’un tôt le matin alors que le guide parle de quatre. Qu’à cela ne tienne, on décide de prendre le risque car on n’a pas du tout envie de partir à 8h alors que l’on pourrait profiter de la piscine. On flâne donc toute la matinée au frais au bord et dans l’eau et on part bien reposés pour la gare routière. Le chauffeur de tuk-tuk est super sympa et nous promène dans la gare jusqu’à ce que l’on trouve un bus. On a de la chance car on comprend, après beaucoup de discussions (cela semble assez compliqué par ici !), qu’il part dans 30 minutes ! On a bien fait de profiter de l’hôtel ! Notre bus VIP, qui n’a de VIP que le nom vu le nombre de personnes entassées et l’absence de climatisation, arrive en effet assez vite et on s’installe dans la fournaise pour les quatre heures à venir. On est vraiment l’attraction car nous sommes les seuls occidentaux et tout le monde veut nous offrir à manger et à boire, toucher les enfants et évidemment les photographier. Au final, après de multiples refus de nourriture (on fait aussi pitié que ça ?), on accepte tout de même deux paquets de chips pour ne pas vexer les gens. C’est incroyable ce que les birmans sont gentils alors qu’ils n’ont rien, on en reste scotchés car on ne pensait pas trouver encore plus sympas que les thais. A l’arrivée, on doit encore prendre un camion transformé en tuk-tuk que l’on trouve grâce à l’aide d’autres passagers et que l’on ne doit même pas payer malgré toutes les places que l’on occupe avec nos sacs alors qu’il est bondé et que des gens voyagent même sur le toit. Après encore un bon kilomètre de marche, on finira par arriver à notre hôtel bien fatigués et transpirants, mais contents de ce trajet bien local !
Pour la première fois du voyage, on ne peut pas faire la visite prévue, Alexis ayant été très malade une bonne partie de la nuit et pas mieux au réveil. On décide donc, puisque le timing devrait nous le permettre, de remettre la visite du Rocher d’Or au lendemain en espérant qu’il soit remis. Pendant que Mélanie et Alexis restent donc à l’hôtel, Yanick et Jérémy entament une montée bien raide sous un soleil de plomb jusqu’à une pagode qui surplombe le village. Ils ont été courageux car c’était bien difficile. Heureusement, pour la descente, un gentil chauffeur propose de les prendre dans sa voiture. Et l’après-midi, lorsque Mélanie et Jérémy partent pour le village, c’est une moto qui s’arrête pour nous proposer de nous prendre avec ! Encore une fois, les gens sont vraiment adorables.
Le régime Coca-crackers a heureusement fonctionné et Alexis est en pleine forme au réveil à 6h00. On peut donc partir tous les quatre à l’assaut du Mont Kyaiktiyo, ou Rocher d’Or, qui est un site majeur de pèlerinage pour les bouddhistes birmans. Cela se traduit par des foules de pèlerins qui attendent dès l’aube de pouvoir monter dans les camions qui nous amènent jusqu’au sommet. On a l’impression d’être de retour au Machu Pichu mais ici l’organisation est efficace et on se préoccupe un peu moins du nombre de passagers par véhicule… Les camions doivent contenir au bas mot une cinquantaine de passagers serrés comme des sardines et on part assez vite du coup ! Si les alentours n’ont rien d’extraordinaire et sont malheureusement plutôt sales, le rocher en lui-même est magnifique et très impressionnant. Son équilibre précaire serait conservé grâce à un cheveu du Bouddha placé dans le stupa au sommet. On vous laisse apprécier la crédibilité de l’histoire mais, de notre côté, on n’a pas trouvé de meilleure explication à donner aux enfants. L’atmosphère est à la ferveur religieuse, avec tout le monde qui prie, allume des cierges et les hommes (et oui, ici aussi les femmes ont encore des batailles à gagner…) appliquent des feuilles d’or sur le rocher. Une belle visite que l’on est heureux d’avoir pu faire à quatre ; cela valait vraiment la peine d’attendre.
Pour notre dernier souper à Chiang Mai, à défaut d’activité, Alexis a eu le droit de choisir le restaurant et a opté pour un indien très sympa dans un jardin, que l’on avait déjà testé et beaucoup aimé. Les enfants sont maintenant définitivement fans des nans !
Cette fois, ce ne sont pas les conducteurs thais qui ont rallongé le trajet mais les estomacs familiaux qui ne semblent pas avoir apprécié le restaurant d’hier soir et ont engendré de nombreux arrêts d’urgence ! Mais cela nous a aussi permis d’admirer de belles rizières.
Vu l’état des troupes, on décide d’une petite journée de visite des zones nord et ouest du parc historique et de quelques sites à l’extérieur pour garder le meilleur pour le lendemain, une fois que l’on sera totalement remis.
Même si les sites sont semble-t-il moins impressionnants que dans la partie centrale, ils restent tout de même très beaux et on a la chance de les voir sans presque personne autour, ce qui leur donne un charme supplémentaire. Les enfants ont préféré celui au style khmer et se réjouissent donc de visiter les temples d’Angkor !
Complètement remis, c’est parti pour la partie centrale et on n’est pas mécontents d’avoir fait la visite dans ce sens car les sites sont magiques et ceux d’hier ne soutiennent pas la comparaison. L’ambiance de ce parc, où tout le monde circule à vélo ou à pied, est vraiment particulière. C’est calme, apaisant, superbe et on passe une magnifique visite.
Avec la chaleur accablante, on ne regrette pas non plus d’avoir investi dans un hôtel avec piscine qui nous permet de nous relaxer après les visites !
Et pour notre dernier jour, on visite un ultime temple et on profite de notre joli hôtel pour rattraper un peu du retard scolaire car on devrait avoir moins de temps et d’espace ces prochaines semaines.
Voilà, c’est une grande étape qui va se terminer demain pour nous car ce sera notre dernier jour entier en Thaïlande après presque deux mois au total dans ce pays où on a pourtant encore mille découvertes à faire. Après le Pérou, c’est le deuxième pays « coup de cœur » de notre voyage. On a vraiment tout aimé : les magnifiques sites culturels visités, la superbe nature, les gens incroyablement sympas, les spécialités culinaires, les jolis hôtels comme une deuxième maison. Bref, on s’est sentis vraiment bien ici et cela sera difficile de partir mais le Myanmar nous attend et on a aussi hâte de le découvrir (ou redécouvrir pour Yanick).
La route sinueuse n’a pas été de tout repos pour les nerfs du conducteur et de son assistante, les thaïs ayant une façon tout à eux de conduire (on a tout de même eu droit à un bus qui nous fonçait droit dessus sur notre piste, nous obligeant à nous déporter sur le bas-côté pour le laisser passer…), mais on a fini par arriver à Chiang Mai. Notre hôtel se situe dans la partie moderne de la ville et on vit un choc culturel pendant notre promenade de fin de journée… Il y a des places autour desquelles se sont installés de commerces à l’occidentale, un énorme centre commercial avec toutes les marques « de chez nous » mais en bien plus grand, des jets d’eau pour la déco, des petits cafés, bref, on a l’impression d’avoir été téléportés hors d’Asie… On n’avait pas vu cela depuis Buenos Aires, voire depuis notre départ pour le centre commercial, voire même encore avant car on n’en trouve pas des pareils chez nous ! On trouve même une galerie commerciale qui fait mieux qu’Ikea: impossible de s’en échapper avant d’avoir passé dans toutes les boutiques… Les loulous sont assez contents du dépaysement, de jouer dans les jets d’eau et même de parcourir le centre commercial, où on va notamment pouvoir observer un entraînement de boxe thaï, ce qui les fascine. Bon, on a tout de même trouvé une différence : ici, le vigile de l’entrée se met au garde-à-vous pour saluer chaque client qui entre… Le soir, on mange super bien dans un excellent restaurant gastronomique thaï avec une bouteille de vin… On vous l’avait dit, c’est le choc des cultures après la gargote de ces derniers soirs, où le repas, excellent au demeurant, nous a coûté moins de dix francs !
Pour découvrir le « vrai » Chiang Mai, on passe notre premier jour à déambuler de temple en temple dans la vieille ville. On croise des chédis et des temples à tous les coins de rue et ils sont tous plus magnifiques les uns que les autres, n’en déplaise à Alexis, de mauvaise humeur depuis notre arrivée, qui a décrété qu’ils n’étaient pas si beaux et qu’il n’aimait pas la ville. C’est intéressant pour nous de constater la différence entre les temples thaïs et les laotiens. Les premiers sont beaucoup plus ornementés et riches mais on avoue un petit faible pour les magnifiques boiseries et peintures des seconds.
Chiang Mai a aussi la particularité d’avoir visiblement ses propres règles bouddhiques puisque l’intérieur de certains temples (halls d’ordination des moines notamment) n’est pas accessible aux femmes, leurs menstruations étant susceptibles de souiller la pureté et la sainteté des lieux… Cela fait sauter Mélanie au plafond, d’autant qu’on ne sait franchement pas d’où sort cette règle qu’on n’avait pas rencontrée jusque-là et que, pour payer le billet par contre, il n’y a aucun problème de souillure…
On finit la journée à l’hôpital pour nous procurer des médicaments anti-paludisme pour Lombok et Flores. Si pour les adultes, cela se passe assez rapidement, on a droit à une sorte d’Hôpital de l’enfance local pour les enfants avec l’attente qui va avec (en huit fois plus moderne par contre).
Aujourd’hui, c’est la journée de Jérémy qui a pu choisir une activité et a opté pour le zoo (Alexis, lui, avait choisi la tyrolienne mais vu les prix de fous pratiqués ici, on a négocié soit pour une autre activité, soit pour remettre cela à plus tard). Avant, on monte tout de même visiter le Wat Phra That Doi Suthep, perché en haut d’une montagne qui domine la ville et qui est l’un des temples les plus sacrés du nord de la Thaïlande, son chédi doré étant censé abriter un fragment d’os d’épaule du Bouddha. Ce dernier trône au milieu d’une cour qui abrite plusieurs temples et galeries aux bouddhas et l’ensemble est superbe. C’est assez différent des temples dont on a l’habitude et on aime beaucoup. Les enfants ont de plus à nouveau droit à un bracelet porte-bonheur, mais après un don cette fois, de la part d’un moine farceur qui semble bien s’amuser à asperger tout le monde avec son eau bénite. Génial, cela fait du bien de voir un religieux rigoler !
Le zoo est installé à flanc de colline dans un cadre naturel superbe mais qui mériterait un peu d’entretien. Il est énorme et il faut le parcourir en voiture (ou en navette). On est un peu étonnés au départ mais on s’habitue. Les animaux sont très proches de nous et on peut même en nourrir certains, ce qui est assez drôle pour les enfants.
L’attraction principale reste la maison des pandas où, contre paiement d’un ticket d’entrée supplémentaire, on peut admirer deux pandas trop mignons. Les parents retombent en enfance et sont en admiration, surtout quand on voit la femelle manger ses bambous si habilement, c’est vraiment adorable, une première pour nous !
Et Mélanie sera très gâtée car elle a la chance de voir aussi ses premiers koalas, avant, on l’espère, ceux en liberté en Australie. Quant aux enfants, ils semblent avoir préféré les kangourous et ils devraient donc être servis dans quelques mois !
On passe un chouette moment même si, au final, niveau bien-être animal, on a de grands doutes. Les enfants trouvent les animaux tristes et estiment qu’ils seraient bien mieux en liberté avec leurs familles et préfèrent de loin les animaux sauvages… Pffff, c’est aussi cela le tour du monde, ils deviennent blasés pour des choses que n’importe quel autre enfant adorerait…
Et nous voilà repartis pour la tournée des temples. Ce n’est peut-être pas forcément évident vu de chez vous, mais on vous l’assure, ils sont tous différents les uns des autres ! Et surtout on ne se lasse pas de leur beauté.
On passe aussi par le Chinatown local et deux marchés sympas qui permettent de ressentir que la ville vit aussi en dehors des touristes.
Cette fois, c’est en voiture que l’on part à la découverte de temples plus éloignés du centre. On commence en haut d’une colline par un temple qui semble devoir porter chance vu le nombre de vendeurs de loterie.
On passe ensuite par un superbe temple très paisible dans la forêt, qui abrite un centre de méditation. Le cadre et les lieux sont idylliques, cela donnerait presque envie de s’y mettre, quoi que … le stage dure au minimum 26 jours, le réveil est à 4 heures et les repas se prennent en silence ! Pas gagné avec les loulous (pour les parents non plus, on l’avoue !).
On verra aussi un wat un peu à l’abandon dans la forêt,…
… puis le monastère protecteur des orfèvres recouvert de panneaux en argent, nickel et aluminium.
Après une pause dans un joli parc fleuri (encore un festival de fleurs) avec une chouette place de jeux pour les loulous, on visite le dernier temple de la journée qui a gardé intacte une grande partie de ses stucs d’origine.
On a de nouveau passé une journée magnifique. Et cette fois, on finit assez tôt pour pouvoir profiter de la terrasse de notre chambre, en jouant et dessinant pour les loulous et en buvant l’apéro pour les parents (l’avantage des villes touristiques, c’est qu’on y trouve de tout, y compris du cidre anglais !).
Pour notre dernier jour à Chiang Mai, vous reprendrez bien… une petite tournée de temples! Bon cette fois, on pense avoir fait le tour car ceux d’aujourd’hui sont tout de même un peu moins jolis que les précédents.

On ne résiste pas non plus à vous montrer que parmi les beautés, il y a aussi quelques incongruités bien pratiques pour les dons !

Après une première impression un peu mitigée (probablement due au fait qu’on s’attendait à se retrouver dans une jolie ville paisible comme Luang Prabang, ce qui n’est absolument pas le cas), on a tout de même globalement bien aimé Chiang Mai grâce aux visites que l’on y a faites. On n’a par contre pas découvert le côté bourgade campagnarde décrit par le guide et certains blogs et Mélanie et les loulous ont trouvé la ville assez bruyante et encombrée et pas forcément agréable à parcourir. Yanick dit lui qu’il y a bien pire en Asie et a donc trouvé assez paisible.
Pour arriver à Chiang Rai, on teste pour la première fois le bus en Thaïlande. Il n’y a que deux autres touristes, on voyage donc avec les locaux et, une fois n’est pas coutume, au même prix (environ 2 francs pour chacun des parents et la même chose mais pour les deux loulous). Le premier constat est donc que c’est très peu onéreux et le deuxième, c’est qu’on n’est pas bâtis comme les thaïs : malgré que nous ne soyons pas réellement larges d’épaules, il n’y aucun moyen de se tenir les deux appuyés contre le siège en même temps !
Après un petit peu de marche sacs au dos depuis la station de bus, on est tout contents de découvrir le super hôtel que l’on a réservé : une assez grande chambre avec eau chaude et wifi qui cartonne (cela nous change du Laos), une magnifique piscine surveillée par des superbes dragons sculptés, plein d’excellentes pâtisseries gratuites dans le hall et le soir, les enfants recevront même chacun un jeu de pâte à modeler, on ne finira jamais de s’émerveiller devant l’accueil que l’on reçoit ici !
On part ensuite pour une première découverte rapide de la ville avant que Yanick n’aille chercher notre voiture de location pendant que Mélanie et les enfants lézardent autour de la piscine. Chiang Rai semble assez peu fréquentée par les touristes mais elle gagne à être visitée. On découvre d’abord un parc plein de fleurs vraiment magnifique et reposant (et très surprenant dans une ville asiatique) puis un très joli temple. Entre les deux, en parcourant les rues, on se rend compte que c’est une ville qui vit, avec des commerces et des restaurants pour les locaux et cela nous fait du bien après avoir traversé plusieurs centres-villes uniquement peuplés et dédiés aux touristes.
Le soir, après avoir laissé les enfants tout heureux courir et se défouler dans le parc aux fleurs (cela faisait depuis l’Amérique du Sud qu’ils n’avaient pas pu courir comme cela dans un parc), on redécouvre avec bonheur les saveurs de la cuisine thaï qui nous avaient tant manquées, tout en assistant au « light and music show » de la Tour de l’Horloge. « Show » est un bien grand mot mais cela plaît bien à Alexis ! Et on se dit qu’on est vraiment bien en Thaïlande !
Pour notre seul jour entier à Chiang Rai, après un petit-déjeuner gargantuesque, composé pour les loulous de spaghettis, de poulet et de beaucoup, beaucoup de Nutella (Alexis en a même mis sur ses spaghettis et son poulet…), on va d’abord visiter la grande attraction, le Wat Rong Khun ou Temple blanc, sorte de délire d’un peintre devenu architecte. On n’est pas tout seuls mais on trouve l’ensemble plutôt sympa et réussi, même si cela n’a rien à voir avec un temple. A l’intérieur, sur les fresques, Bouddha côtoie d’ailleurs Pikachu, Hello Kitty, Superman, Angry Birds, les Minions ou encore Elvis Presley et Michael Jackson…
Pour la suite, on profite de notre liberté retrouvée grâce à la voiture de location et on file vers Mae Salong, qui se trouve à deux heures de route, tout proche de la frontière birmane. C’est un petit village perché dans les montagnes qui a la particularité d’être peuplé d’immigrants chinois qui se sont installés là dans les années 60 qui après avoir fui le communisme en Chine puis avoir été chassés de Birmanie. Les influences chinoises sont d’ailleurs toujours très présentes puisque les habitants parlent chinois et non thaï et on y croise beaucoup de femmes Akhas (une ethnie originaire de Chine) en costume traditionnel qui tentent de vendre des souvenirs.
Le village est en outre entouré de plantations de thé en terrasses particulièrement belles, ainsi que de quelques jolis temples et on apprécie vraiment ce détour.
Au final, la journée aura donc été assez remplie et on gardera les trois autres temples de Chiang Rai pour le lendemain, histoire de profiter tout de même un peu de la piscine !

Comme promis, on part donc à la découverte de deux plus jolis temples de Chiang Rai le lendemain matin. Ils sont superbes et on n’est contents de ne pas les avoir ratés ! Au final, on n’attendait pas grand-chose de cette étape, d’autant que Yanick n’en avait pas de très bons souvenirs, mais on a beaucoup apprécié Chiang Rai et la région aurait même mérité une exploration plus approfondie mais Chiang Mai nous attend déjà !
Encore un réveil aux aurores pour embarquer au lever du soleil sur le bateau qui va nous emmener en deux jours jusqu’à la frontière avec la Thaïlande en remontant le Mékong. L’arrivée est prévue à 17h00 et on a presque dix heures de croisière devant nous puisqu’un seul arrêt est prévu. C’est beaucoup moins rapide que le minivan mais on ne regrette pas du tout ce choix qui nous permet d’admirer des somptueux paysages. Comme nous sommes en saison sèche, de nombreux rochers jalonnent les superbes rives bordées de plages de sable immaculé, c’est de toute beauté.
Le « slow travel » n’étant pas forcément du goût des loulous par contre, heureusement que l’on a choisi un bateau relativement luxueux et spacieux, ce qui nous permet d’avoir une table où jouer aux cartes, lire, faire des dessins, écouter des histoires, faire l’école, bref les occuper pour qu’ils ne démontent pas le bateau !
On s’arrête tout de même pour une rapide visite de la jolie grotte de Pak Ou qui abrite plus de 4’000 bouddhas.
On passe la nuit à Pakbeng car la navigation de nuit est beaucoup trop dangereuse, le bateau risquant de heurter des rochers. Le village consiste en une seule rue bordée de guesthouses, de restaurants et de bars où les jeunes backpackers continuent la beuverie commencée sur leurs bateaux mais la vue est assez belle sur la rivière et les enfants sont contents de pouvoir jouer un moment dans le sable après cette longue (pour eux, car les parents ont assez apprécié de pouvoir enfin lire un peu, couchés au soleil sur les banquettes) journée d’inactivité.
Rebelote le lendemain, départ à 7h00 tapantes dans le froid et la brume matinale. On fait un arrêt dans un petit hameau peuplé de Khamus (l’une des ethnies du Laos), sans eau courante ni électricité. Vingt-et-une famille, ce qui représente environ 160 personnes, vivent ici au milieu des poules, des cochons et des chèvres. Il y a, comme dans tous les villages au Laos, un nombre assez incroyable d’enfants. Tout le monde a l’air assez désœuvré mais on nous dit que les enfants sont en vacances et qu’ils vont tout de même à l’école dans un autre village. C’est assez marquant de voir comme ils sont contents de recevoir les restes de nos petits déjeuners et quelques stylos et blocs de feuille. On espère que les loulous vont en garder le souvenir et faire plus attention à leurs affaires et à la chance qu’ils ont (sur ce point, on croit que c’est déjà le cas depuis le Laos).
Les paysages sont tout aussi magnifiques qu’hier et la croisière est vraiment relaxante (on n’aura jamais autant lu depuis notre départ que durant ces deux jours !). Cela nous a vraiment beaucoup plu. Quand on arrive sur la partie du Mékong qui sert de frontière entre le Laos et la Thaïlande, il est assez frappant de constater la différence entre les deux rives. Sur le côté thaï, on aperçoit des grands bâtiments en béton, des parcs avec des arbustes taillés et entretenus, alors qu’au Laos il y a soit de la nature totalement préservée, soit des villages très pauvres avec beaucoup de déchets qui jalonnent leur rive. C’est vraiment fou.
On passe sur un autre pont de l’Amitié et nous revoilà déjà en Thaïlande après 21 jours au Laos. C’est une étape que nous avons vraiment énormément appréciée même si le voyage y a été plus rude qu’ailleurs, surtout en ce qui concerne les transports et les hébergements. On a vu des paysages sublimes, on a été très impressionnés par l’histoire tragique du pays, marqués par les villages que l’on a traversés et on a tous craqué pour la beauté de Luang Prabang. Bref, une très très belle étape !
On se rappellera de notre retour en Thaïlande puisque le soir on aura la chance d’observer la super Lune bleue de sang (trois phénomènes astrologiques durant la même nuit, ce qui ne s’était pas produit depuis plus de 150 ans et l’occasion d’une leçon d’astrologie pour les loulous) au-dessus du Mékong, depuis la terrasse de notre chambre à Chiang Khong. Un magnifique spectacle !
Notre dernier trajet en minivan bondé au Laos derrière nous, on va chez le coiffeur se faire beaux pour la suite. Il a fallu recouper à trois reprises mais les garçons sont satisfaits cette fois. Quant à Mélanie, que dire … Elle ressort le dos trempé d’eau froide, pleine de teinture sur le front (et beaucoup moins sur les racines des cheveux…) mais relativement contente de la coupe. On verra si cela tient plus de deux semaines !
Après l’alerte au tsunami pour l’anniversaire de Yanick, Mélanie a droit pour le sien à une douche froide au réveil, à une longue coupure d’électricité (et donc de wifi) et à une seule photo de la visite du jour puisqu’on a oublié de recharger l’appareil photo. Sur ce coup-là les enfants, on a le droit de dire un bon gros mot, « ça fait c… » ! Ceci dit, on a passé une belle demi-journée aux chutes de Tat Kuang Si. On ne s’est pas baignés vu le froid du matin puis le monde du début d’après-midi mais on a grimpé jusqu’à la source où les loulous se sont amusés à jouer à Tarzan, on a admiré les superbes chutes (pour ceux qui suivent, cela ressemble assez à celle d’Erawan en Thaïlande) et observés tout attendris les ours sauvés des griffes des trafiquants.

La fin de la journée a elle été plus réussie que le début puisqu’à l’apéro (au coca light, c’est vraiment la fête car on n’en trouve que rarement ici !) déjà, Mélanie a été gâtée par les loulous qui lui avaient fait de magnifiques bricolages et dessins depuis très longtemps et ne pouvaient plus attendre pour les offrir.
Ils ont ensuite choisi un joli restaurant dans un jardin éclairé par des lampions où on a dégusté un repas laotien avec une tarte au citron en dessert pour les parents et un gâteau au chocolat pour les enfants (comme à la maison ou presque quoi !) arrosé d’une excellente bouteille de Sauvignon blanc (ce n’est pas à cet âge que l’on se refait !). En plus, les enfants avaient encore des supers cadeaux en souvenir du Laos à offrir, Mélanie a donc été plus que gâtée et gardera un souvenir inoubliable de cette journée !
Si le jour de ses 20 ans, on lui avait dit qu’elle fêterait ses 40 ans au Laos en plein milieu d’un tour du monde en famille, Mélanie aurait sûrement rigolé, cela l’aurait peut-être fait rêver mais en tout cas, elle ne l’aurait jamais réellement imaginé ni n’aurait osé l’espérer. Au final, aujourd’hui, je (une fois n’est pas coutume, je vais écrire à la première personne, cela fait un peu moins « Alain Delon » que de parler de moi à la troisième personne) pense qu’il n’y avait pas de meilleure façon de passer le cap et de se sentir encore jeune ! Je vis une aventure incroyable, inoubliable et magnifique avec les trois hommes de ma vie, je suis plus heureuse et épanouie qu’à 20 ans et me réjouis des 40 prochaines années à venir ! En plus des belles surprises du jour, j’ai eu droit à des messages adorables de mes parents qui sont les seuls à m’avoir manqué aujourd’hui et à plein de pensées de mes amis, quel bonheur, je suis comblée, viva la vida !
Après les émotions de la veille, un peu d’école et d’organisation de la suite du voyage, on passe une journée tranquille à se balader sur l’autre rive de la Nam Khan. C’est assez impressionnant de voir qu’une fois passé le pont en bambou (qui est construit chaque année pour la saison sèche car à la saison des pluies, le courant est trop fort), on se retrouve presque à la campagne. On visite trois petits temples puis on rentre à l’hôtel pour tenter de suivre la finale de notre Roger national et jouer aux cartes. Au final, on n’aura vu aucun point mais vibré un moment en suivant le score avant de caler sur la fin. On apprendra la grande victoire au retour du souper, ce qui aura évité à Mélanie de s’énerver devant l’ordinateur ! Il est trop fort notre Roger, les enfants sautent de joie !!!!
Lorsqu’on a demandé aux enfants s’ils voulaient à nouveau se lever pour voir le Tak Bat, ils ont tous les deux dit oui immédiatement, ce qui a littéralement scotché les parents. Le réveil sonne donc à 5h15 (mais pour les parents cela ne change pas trop après les réveils à 4h00 par le gong et les tambours des moines à Muang Ngoi et la propagande communiste à 6h00 à Nong Khiaw on est habitués !) et on part dans la nuit pour la rue où se trouvent les principaux temples dans l’idée de voir plus de moines que la première fois. Sur place, comment dire, on est aussi scotchés mais surtout atterrés par ce que l’on voit : des alignements de sièges en plastique et des vendeurs de rue qui proposent de la nourriture à offrir aux moines. En fait, il n’y a plus aucun habitant mais uniquement des touristes qui participent très maladroitement à la cérémonie, sans compter évidemment ceux qui ne participent pas mais photographient à tout-va. Les moines se prêtent à la mascarade et jettent ensuite presque tout ce qu’ils reçoivent dans des poubelles sur le parcours. Heureusement, un peu plus loin, on voit tout de même quelques habitants et des scènes plus authentiques mais on en ressort très déçus, il n’y avait rien de la beauté et de la solennité de la première fois.
Pour notre dernier jour à Luang Prabang, on a demandé aux enfants ce qu’ils voulaient faire et la réponse d’Alexis a été qu’il voulait revoir le temple qu’il avait trouvé le plus beau. Quant à Jérémy, il voulait aussi revoir des temples… On vous le dit, on a de la chance avec nos loulous, ils sont vraiment très intéressés par tout ce que l’on visite et jamais lassés. Après l’école et la visite du marché du matin qui se trouve juste dans la rue de notre hôtel, on repart donc en balade dans la ville avec un dernier arrêt dans notre boulangerie préférée.

Et pour ce soir, ce sera un dernier petit tour au marché de nuit avant d’embarquer demain matin pour deux jours de croisière sur le Mékong.
Cernée d’à-pics calcaires des deux côtés de la rivière Nam Ou, Nong Khiaw est une petite bourgade installée dans un cadre magnifique. Le tourisme n’y est pas encore trop développé et ce sera notre première étape pour découvrir la nature et le Laos authentique.
Dès notre arrivée, on reste admiratifs devant le superbe paysage totalement préservé. Cela nous change de Vang Vieng !
Le soir, on teste le traditionnel barbecue lao, qui ressemble fortement à celui d’Udon Thani en Thaïlande, mais avec de la viande à la place du poisson, miam.
Pour découvrir la région, on a choisi une excursion d’une journée aux « 100 cascades ». On part dans la brume habituelle du matin (et le froid, la nuit il fait autour des 15 degrés à l’intérieur, Mélanie et Jérémy ont carrément ressorti les doudounes !) pour un trajet en bateau jusqu’à un petit village peuplé de 33 familles, sans électricité ni eau courante. Les hommes sont en train de construire l’habitation du maître d’école qui va bientôt s’installer ici, ce qui intéresse beaucoup les loulous, même s’ils trouvent la maison un peu « bizarre ». Une chose est claire pour eux : ils ne veulent pas s’installer ici et préfèrent Cugy… Ils commencent à se rendre compte de la chance qu’ils ont chez nous !
On marche ensuite une petite heure jusqu’au pied de la cascade puis on commence l’ascension, dans la cascade elle-même. C’est magnifique et les enfants ont l’impression de vivre une vraie aventure, bref on adore. Après le dîner, retour au village par un autre chemin, sous un soleil de plomb cette fois. Les loulous ont impressionné le groupe car ils ont super bien marché, et Alexis d’autant plus que depuis le soir d’avant, il est malade avec de la fièvre (heureusement le Dafalgan a un effet du tonnerre !).
Sur la « croisière » du retour, on admire de très beaux paysages et on s’arrête encore pour visiter une grotte qui a été occupée par l’armée durant la guerre. On finit la journée par une partie de pétanque (étrangement, c’est un peu le sport national ici) où les loulous battent les deux guides laotiens à plate couture ! Encore une superbe journée !
A voir Muang Noi aujourd’hui, on peut difficilement imaginer qu’avant les bombardements de la guerre du Vietnam, c’était le chef-lieu du district (les ravages étaient tels qu’à l’issue du conflit, c’est Nong Khiaw qui l’est devenu)… On y accède après une heure de bateau (et une heure d’attente sur le bateau avant le départ on ne sait pour quelle raison, c’est le Laos, l’organisation des transports est toujours assez compliquée ici !) et on arrive vraiment au bout du monde. Il y a juste une piste en terre bordée de quelques guesthouses et échoppes pour les biens de première nécessité (on ne trouve en tout cas aucun produit d’hygiène féminine et Mélanie devra en acheter à une dame qui le lui a proposé puisqu’elle est enceinte de son cinquième enfant à 31 ans, cela laisse songeur…) qui traverse le village et sert de route principale. On peut voir des pêcheurs qui raccommodent leurs filets, des dames qui tissent au métier et des dizaines de poules en liberté. C’est vraiment paisible et hors du temps. Notre pension est installée au bord de la rivière et on a une vue magnifique, notamment pour admirer le coucher de soleil. En plus, notre bungalow en bambou est adorable et nous change agréablement de la pension de Nong Khiaw où notre chambre donnait surtout envie de sortir ! Et la petite souris trouve même son chemin jusqu’au lit d’Alexis, c’est une voyageuse, la dernière fois, elle nous avait trouvé au Chili !
On fait quelques minutes d’école avec une nouvelle élève (Jérémy sait maintenant compter jusqu’à 10 en lao) puis on part à pieds pour un petit village des environs, Ban Na, à travers les rizières bordées de reliefs karstiques. Dans le village, les enfants peuvent se rendre compte des jeux des bambins locaux (de la catapulte avec des élastiques, il n’y a pas foule de jouets ici) et de la chance que l’on a d’avoir une douche dans notre chambre même avec de l’eau très peu chaude (ici les gens font la douche soit dans la rivière, soit sous un jet d’eau froide devant leur maison). Les habitants que l’on rencontre sont adorables surtout avec les enfants, et Jérémy reste la star incontestée. Au retour, jeu dans la rivière pour les loulous et visite d’une petite grotte pour bien finir la journée.
Au programme du jour, pêche traditionnelle avec Jay notre guide et deux pêcheurs du village. En gros, un pêcheur retient le filet qui mesure une centaine de mètres depuis l’eau et l’autre le lance, puis le bateau décrit un arc de cercle pour rabattre les poissons. Yanick met la main à la pâte, soit à la pagaye, soit au filet, et s’en sort parfaitement ! Les loulous, eux, se contentent de la canne à pêche mais adorent. Au final, les pêcheurs sont un peu déçus car ce n’est pas la pêche miraculeuse, mais on arrive tout de même à prendre cinq poissons, dont un relativement gros, que l’on va déguster sur la plage, arrosés pour les hommes avec du lao-lao, le whisky local (en fait de l’alcool de riz). Et forcément, comme on les a pêché nous-même ou presque, on en a rarement mangé d’aussi bons ! On a l’impression d’être des aventuriers seuls au monde, c’est une géniale expérience ! Avant le dîner, on fait aussi une petite promenade dans la jungle et on finit la journée par la visite d’un village qui vit du tissage. Cette journée de pêche restera gravée dans nos mémoires, on a adoré ! Et à l’apéro, on retrouve un couple de belges très sympa rencontré à Nong Khiaw avec qui on joue au Uno et à Dobble autour d’une Beerlao, un moment très sympathique.
Nous voilà de retour à Nong Khiaw qui semble finalement très construite comparée à Muang Ngoi ! On profite de l’après-midi pour visiter une nouvelle belle grotte qui a servi de refuge pendant les bombardements puis de nous reposer en admirant la magnifique vue depuis la terrasse de notre hôtel pendant que les loulous plongent dans la piscine.
Les beautés de Luang Prabang se méritent et il nous faudra un peu plus de sept heures de route coincés dans un mini-van pour y arriver. Heureusement, les enfants ont été calmes, en partie grâce aux histoires qu’ils ont pu écouter et en partie car ils ont été peu bien, voire carrément malade pour Jérémy (pour changer !). On espère en avoir fini avec les routes de montagne pour la suite !
Le soir déjà, on sent que l’on va se plaire à Luang Prabang. Après avoir parcouru le marché de nuit, on trouve un restaurant dans un jardin avec vue sur la rue bordée de jolies maisons de l’époque coloniale éclairées de lampions où on déguste des plats savoureux et une bonne bouteille de Sauvignon ! Ca commence bien !
Le lendemain, on part en promenade dans la vieille ville avec l’idée de la parcourir en entier. C’est sans compter toutes les splendeurs que compte la ville car on n’arrivera en gros à faire que la moitié de la balade tellement il y a de belles choses à voir : les rives du Mékong, la confluence de ce dernier et de la Nam Khan, des dizaines de temples en bois sculpté et peint tous plus somptueux les uns que les autres, des quartiers aux petites maisons typiques ou coloniales à l’ombre des palmiers et on en oublie. En plus, l’atmosphère de la ville est vraiment agréable et, hormis un ou deux points assez touristiques et des chauffeurs de tuk-tuk un peu trop harcelants, tout est calme, comme un peu suspendu dans le temps. On reste ébahis devant tant de beautés et on se trouve définitivement bien ici !
Il nous faudra donc un deuxième jour entier pour achever la visite de la vieille ville. Mais avant de partir en promenade, on est debout à 6 heures pour voir le Tak Bat, la quête matinale d’offrandes par les moines juste devant notre hôtel. C’est une cérémonie qui se pratique dans tous les pays bouddhistes mais elle est très impressionnante (et célèbre) ici vu la concentration de temples et de moines. Cela engendre d’ailleurs quelques dérives comme des touristes qui suivent les moines pour les photographier au flash à 10 cm de leur visage ou mieux prendre un selfie avec eux… Malgré les règles édictées par la ville et placardées un peu partout pour informer et sensibiliser les touristes, on en a tout de même vus qui prenaient des dizaines de photos au flash, c’est désolant… Pendant leur quête, les moines, y compris de très jeunes enfants, marchent pieds nus à la queue leu leu et en silence dans la nuit pour venir tendre leur « bat » (bol servant à recueillir les aumônes) dans lequel les habitants déposent de la nourriture. Une fois l’offrande reçue, ils chantent parfois une sorte de mantra. C’est solennel et très beau. On a tous beaucoup aimé ce moment – les enfants ont d’ailleurs sauté du lit pour venir sans aucun problème – et c’est sûr que l’on y assistera à nouveau lors de notre retour ici dans quelques jours.
On commence ensuite la balade du jour par l’ancien palais royal puis on enchaîne avec de nouveaux temples, aujourd’hui encore plus beaux les uns que les autres, le tout entrecoupé par un pique-nique baguette / pain au chocolat / jalousie aux pommes / éclair au chocolat, le tout à tomber par terre, dans notre boulangerie préférée, la même que celle de Vientiane. C’est encore une magnifique journée et on a déjà hâte de revenir dans cette ville superbe que l’on a adorée.

Le Laos est un pays encore majoritairement rural et le réseau routier est beaucoup moins bien développé qu’en Thaïlande. Le résultat est que les trajets y sont très longs malgré des distances relativement courtes. Notre étape du jour nous aura donc pris plus de six heures pour parcourir les 233 kilomètres séparant Vang Vieng de Phonsavan. La route sillonne les montagnes et les vues sont majestueuses. Pour les enfants par contre, c’est une autre histoire puisqu’ils n’auront pas droit à leur tablette « occupe-trajets » vu les virages (Jérémy n’a malgré tout pas résisté, heureusement que nous avions un cornet plastique dans le sac, car il n’est pas question de s’arrêter en route…) et ils trouveront donc le temps bien long.
Les rares visiteurs viennent à Phonsavan pour découvrir la plaine des Jarres et c’est aussi notre but principal, surtout que lors de son voyage laotien il y a 20 ans, Yanick n’avait pas pu venir ici. On découvre cependant une région dont l’intérêt est bien plus large. Le premier soir, on visite ainsi le centre d’information UXO (Unexploded Ordnance, ce qui peut se traduire en français, par munitions équipées d’une charge explosive, qui ont été tirées mais n’ont pas explosé à l’impact). On y apprend que pendant la guerre du Vietnam, le Laos est devenu le pays le plus bombardé de l’histoire mondiale. Entre 1964 et 1973, il y a ainsi eu des bombardements toutes les 8 minutes, 24 heures sur 24. La province où nous sommes a été particulièrement touchée et, aujourd’hui encore, les UXO blessent ou tuent en moyenne une personne par jour, dont 40% sont des enfants. Le sol renferme en effet quelque 10 millions de bombies (des petites bombes de la taille d’une balle de tennis qui, en explosant, projettent une trentaine de billes d’acier susceptibles de tuer dans un rayon de 20 mètres) et il semble que les habitants de la région peuvent ramasser jusqu’à 20 à 30 tonnes de ferraille par semaine. Il y a d’ailleurs des restes d’engins de guerre dans tous les hôtels, restaurants ou agences de la ville. Le temps pour nettoyer le pays est estimé, au rythme actuel (500 personnes), à 150 ans. On en apprend aussi plus sur l’armée secrète formée par les Etats-Unis après avoir pourtant signé des accords de paix garantissant la neutralité du Laos. Un pan bien sombre de l’Histoire, encore très peu connu et enseigné chez nous. C’est effrayant mais passionnant pour nous qui adorons l’histoire. Pour se remettre de ces tristes récits, on trouve la gargote où les laotiens viennent manger et on teste toutes sortes de spécialités dont la plus appréciée sera le sticky rice, un riz nature collant. Il faut dire qu’ici, on est beaucoup moins gâtés au niveau saveurs qu’en Thaïlande, les plats étant généralement peu, voire pas du tout, épicés.
Le lendemain, départ pour la découverte de la région. Un premier arrêt pour obtenir les autorisations de visite des autorités touristiques permet à notre guide de nous montrer toutes les bombes et engins de guerre qui ont été utilisés dans la région.
Après une superbe route à travers les rizières, on s’arrête dans l’ancienne capitale de la province qui a été ravagée par les envahisseurs chinois et vietnamiens, puis entièrement détruite par les bombardements américains. Il ne reste ainsi presque rien d’une ville qui, selon notre guide, était l’équivalent de Luang Parbang : un stupa en ruines, un ancien palais encore plus détruit et un bouddha qui a miraculeusement survécu.
On va ensuite visiter l’un des sites secondaires de la plaine des Jarres. Comme son nom l’indique, cette plaine regroupe de gigantesques jarres en pierre, qui datent de l’âge du fer du Sud-Est Asiatique (entre 500 av. J.-C. et l’an 200) qui sont éparpillées sur des centaines de kilomètres carrés. Personne ne sait à quoi elles servaient ni quelle civilisation les a sculptées et seuls sept sites sur les nonante répertoriés ont été déminés. Il faut donc être attentifs et rester sur les chemins balisés, ce qui impressionne beaucoup les loulous. Sur la route, on croise d’ailleurs plusieurs camions démineurs et on se rend compte, dans la réalité, de ce que l’on a lu hier.
Pendant la pause de midi du guide, on parcourt un petit village où nous sommes l’attraction, surtout les enfants, et principalement Jérémy, qui a droit à diverses caresses et bisous des habitants. Un joli moment.
C’est maintenant au tour du deuxième site secondaire de la plaine des Jarres.
On va encore découvrir comment les locaux utilisent l’aluminium des engins de guerre pour fabriquer des cuillers notamment. Les enfants sont fascinés.
Enfin, après un passage par les vestiges d’un tank russe, on arrive au site le plus vaste de la plaine où, entre d’énormes cratères de bombes et des tranchées, on peut voir la jarre la plus large et la plus grosse. C’est très impressionnant et magique.
Au final, on a passé une journée magnifique et passionnante que tout le monde a adoré. En plus, notre guide connaissait vraiment la région comme sa poche et nous a appris plein de détails très intéressants. On regrette juste de devoir partir demain car il nous proposait de nous montrer le travail des démineurs.
On arrive à Vang Vieng après un trajet de quatre heures (pour parcourir 153 kilomètres) en minibus dans lequel le confort nous change de notre voiture !
Sur le papier, après avoir été dans les années 2000, le nouvel eldorado de la fête et de la débauche en Asie du Sud-Est (on y faisait des raves au bord de la rivière et on y consommait toutes sortes de substances illicites), Vang Vieng a aujourd’hui retrouvé son identité de paradis rural et des activités de plein air riches en sensations fortes au plus près de la nature.
Voilà, voilà. Dans notre réalité, Vang Vieng est moche (c’est la course à qui construira l’hôtel le plus haut), notre chambre est moche (et chère) et il fait moche (18 degrés, ça caille, Yanick qui avait promis de ranger sa jaquette jusqu’en Australie a été obligé de la ressortir !). Cela tombe super bien que l’on ait justement décidé il y a quelques temps de prolonger d’une nuit notre séjour ici… Pour couronner le tout, on essaie au moins vingt fois de booker un vol mais sans succès et il n’y a plus d’eau chaude pour la douche alors qu’on est frigorifiés. Bref, une journée bien pourrie (si, si, il y en a aussi au tour du monde !). Les activités de ces prochains jours ont intérêt à cartonner !
C’est sous le soleil que l’on se réveille et, du coup, tout va déjà mieux ! Après un peu d’école, on part pour l’activité du jour : des tyroliennes qui surplombent la forêt et la rivière. Il y en a sept, dont l’une est longue de 382 mètres, et on peut descendre assis mais aussi couchés, ce qui donne un peu l’impression de voler. Les loulous ont droit à un guide qui descend avec eux, sauf pour la dernière qu’ils feront tous seuls comme des grands, même pas peur ! C’est top, on s’éclate ! Malheureusement, on n’a droit qu’à un seul passage et c’est donc beaucoup trop court pour les enfants qui ont adoré ! Ensuite, balade aux temples et au bord de la rivière qui est déjà plus jolie avec du ciel bleu. Bon, tout n’est encore pas idyllique : le soir, il n’y carrément plus d’eau dans l’hôtel (cela va durer jusqu’au lendemain) et on galère pour trouver un restaurant qui aurait autre chose au menu que pizzas ou burgers…
Pour notre dernier jour, on a réservé une excursion pour tester et visiter toutes les attractions touristiques les plus connues de Vang Vieng. On commence par la Grotte de l’Eléphant, ainsi nommée à cause d’un rocher qui a cette forme, qui est devenue un petit temple.
Après une petite balade à travers des rizières, on continue par du « tubing » (chambre à air) dans une grotte. L’eau est froide mais c’est une sacrée expérience, un peu flippante tout de même, surtout au retour quand tout est sombre (il n’y a plus les groupes de coréens) et Alexis a d’ailleurs assez peur.
Après le dîner, on enchaîne avec deux heures de kayak sur la Nam Song. Les enfants adorent passer les petits rapides et les parents admirent les magnifiques paysages jusqu’au point de départ de la descente de la rivière en chambre à air qui concentre plein de bars avec de la musique à fond et des touristes qui se trémoussent en buvant. On croit avoir atteint le fond là.
Encore que la dernière attraction de la journée, le Blue Lagoon, est pas mal non plus dans le genre attrape-c…. C’est certes joli mais très petit et visiblement tous les tours finissent ici. On se retrouve donc avec des foules de coréens en train de barboter. Notre guide reste aussi perplexe que nous et semble assez désabusé sur le développement anarchique de sa ville.
Au final, on a aperçu quelques paysages magnifiques et testé de chouettes activités mais on n’est pas fâchés du tout de quitter Vang Vieng demain. Il semble que Nong Khiaw, que l’on va visiter d’ici une semaine, ressemble à Vang Vieng avant tout ce cirque. On se réjouit donc de découvrir, mais, avant, direction la Plaine des Jarres.
Family Dreamtime 
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