Adelaïde

C’est en fin de journée que nous arrivons à Adelaïde où nous attend le premier des appartements que nous avons loué pour notre voyage avec grand-maman, histoire de pouvoir se retrouver en famille dans des endroits chaleureux et de profiter de repas et de moments tous ensemble mieux qu’à l’hôtel. Ici, on a même une maison tout à nous, avec une chambre pour chacun (quelle joie d’avoir un peu d’intimité pour les parents !). On fête cela avec le plat de fête de camping, le curry de Yanick, et la bouteille de Shiraz offerte par notre logeuse ! Miam !

On commence notre découverte d’Adelaïde par le très beau marché central où l’on trouve de quoi satisfaire presque toutes les envies culinaires. Un petit détour par le Chinatown voisin puis on découvre le centre-ville, sa cathédrale, ses galeries et bâtiments victoriens au milieu d’immeubles plus neufs, sa rue piétonne et marchande et son street art.

On passe aussi au bord de la rivière pour admirer de loin l’« Adelaide Oval », considéré comme le plus beau terrain de cricket du monde.

Honnêtement, on n’a pas eu le coup de cœur pour cette ville dont on nous avait pourtant dit qu’elle était belle et que le guide décrit comme sophistiquée. A nos yeux, Adelaïde est plutôt un assemblage disparate peu réussi et tout est assez décati.

On a par contre bien aimé l’ambiance de station balnéaire du quartier de bord de mer de Glenelg, site du débarquement colonial en Australie du Sud. Le froid ne nous a pas permis de rester trop longtemps sur la plage mais l’ambiance de la place et de l’artère principale nous ont un peu rappelé Fremantle que l’on avait adoré.

Sur les conseils de notre logeuse, on part le lendemain à la découverte des Adelaide Hills, des vallées recouvertes de forêts et de vignobles juste à la sortie de la ville. On s’arrête d’abord à Hahndorf, où, après l’Argentine, on découvre une nouvelle colonie allemande, fondée en 1839 par une cinquantaine de familles luthériennes fuyant la Prusse. Avec son architecture de style européen, ses arbres de chez nous et ses géraniums, on ne se dirait plus du tout en Australie mais plutôt dans un village d’Alsace. Les boutiques, cafés et restaurants, jouent à fond sur le côté kitsch et vieillot mais c’est assez sympa. On voit aussi de belles couleurs automnales, ce qui nous fait bizarre puisque nous avions raté cette saison en Suisse l’année passée.

Un détour par deux petites villes des environs sans trop d’intérêt (sauf peut-être que Mel Gibson a vécu dans l’une d’elles ?) et on arrive au Mt Lofty Summit qui culmine à l’altitude incroyable de 710 mètres et offre un panorama époustouflant sur Adelaïde et les alentours. Bon, ça c’est en théorie car nous a surtout cherché à ne pas se perdre dans le brouillard et à résister au froid (8 degrés, ça calme !).

On consacrera ensuite le début d’après-midi à l’Art Gallery of South Australia et à ses expositions avant-gardistes. C’est tellement bizarre que les enfants rient comme des baleines du début à la fin et adorent. Au passage, il y a tout de même un ou deux classiques comme des bronzes de Rodin mais aussi des peintures aborigènes. On renoncera par contre à l’exposition payante sur les trésors du musée d’Orsay car en voyant les photos, les enfants ont trouvé cela beaucoup moins amusant que les autres œuvres !

La journée se terminera par un moment de place de jeux puis des spaghettis bolognaises maison de grand-maman avec des légumes coupés par les loulous (mais oui on a bien dit des légumes !). On est gâtés !

C’est depuis l’avion déjà que l’on aperçoit la star du lieu : Ayers Rock. Mélanie et Yanick sont à nouveau émerveillés, Alexis dit que ça reste un rocher et Jérémy dort… On espère avoir plus de succès après une bonne nuit de sommeil mais il faut tout de même dire à la décharge des enfants que l’on s’est levés à 5h00 et que l’on a attendu cinq heures à l’aéroport d’Alice Springs. La fatigue était donc bien présente ! On affronte le froid de la nuit (il fait 0…), on avale vite notre repas à la cafète du resort (ici tout appartient au même resort et si on ne veut être assassinés par les prix, il faut se rabattre sur la cafète, le supermarché, ou, signe de la présence nouvelle de touristes asiatiques, le noodle bar take away) et on file au dodo pour un repos bien mérité.

 

Le lendemain c’est frais, reposés et bien nourris grâce au buffet de petit-déjeuner à tomber (Yanick et Mélanie se sont lâchés sur les sushis et les wonton et Alexis sur le saumon, on a totalement oublié les pâtisseries de chez nous !) que l’on part à l’assaut des Olgas, ou Kata Tjuta en aborigène. Sur la route, on aperçoit quand même Ayers Rock et cette fois, Jérémy peut l’admirer tout impressionné.

 

La marche de la Valley of the Winds est, d’après le Lonely Planet, l’une des plus belles randonnées du parc et c’est vrai que c’est magnifique. Le sentier serpente à travers des gorges, la savane et les cailloux et offre des vues superbes sur les rochers. C’est là que l’on se dit qu’il est agréable d’avoir un peu froid car l’été, la marche ferme à 11h00 et s’il fait plus de 36 degrés. De notre côté, on est partis tranquillement à 11h00 et on n’a pas souffert du tout, les 7,4 kilomètres ayant été avalés facilement.

 

 

 

 

On repart même après le pique-nique et le point de vue sur les Olgas (on a retrouvé au passage le programme « couleurs éclatantes » de l’appareil photo !) pour une deuxième petite marche de 2,6 kilomètres au pied des impressionnantes parois rocheuses jusqu’à Walpa Gorge. Malheureusement, le soleil a déjà un peu disparu mais c’est tout de même superbe.

 

 

 

Bref, cette première journée dans le centre rouge aura été splendide et on est tous conquis (sauf Alexis qui joue toujours au blasé !). On prolonge même le plaisir en allant voir le coucher de soleil, un incontournable des lieux. Si l’on dépasse l’aspect un peu peuplé qui existait déjà il y a neuf ans (les voitures sont alignées dans un parking spécialement conçu à cet effet), c’est toujours aussi magique de voir le rocher et le ciel changer de couleurs pour devenir aussi pétant au naturel que sur nos photos super éclatantes (mais moins romantique, le côté contemplatif ayant eu raison de la patience des deux loulous fatigués). Les nuances et les contrastes sont superbes, Yanick et Mélanie sont à nouveau émerveillés par le spectacle.

 

 

 

 

Et cette journée magnifique s’achèvera par les retrouvailles pour un thé dans notre chambre avec grand-maman qui a eu elle aussi un programme chargé puisqu’elle a renoncé à manger pour nous rejoindre. Cette fois, les loulous sont définitivement heureux !

Le lendemain, c’est donc avec grand-maman que l’on part pour le tour d’Uluru à pieds. Si le rocher est superbe vu de loin, lorsque l’on est tout près, on aperçoit des foules de détails absolument splendides. En plus, la végétation est différente tout au long du parcours en fonction de la présence ou non d’eau et de l’ensoleillement. Enfin, cerise sur le gâteau, qui cette fois conquiert même Alexis, il y a de belles peintures aborigènes sous certaines parois. On avait déjà trouvé cette balade incroyable il y a neuf ans et on est toujours aussi admiratifs aujourd’hui. Le lieu dégage vraiment une magie et un petit côté mystique qui prend aux tripes. On ne voit donc pas passer les presque 11 kilomètres (sauf peut-être grand-maman qui a écouté les loulous tout du long !). On fait ici une petite parenthèse pour vous dire que l’on n’a pas gravi le rocher par respect pour les aborigènes pour qui ce lieu est très sacré. Il y a ainsi plusieurs endroits que l’on ne devrait pas photographier et il ne faut surtout pas marcher dessus. L’ascension va d’ailleurs être fermée dès l’année prochaine et c’est une bonne chose à notre avis.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Notre bref séjour ici s’achèvera en beauté par l’apéro amené par grand-maman qui s’est déjà faite à nos coutumes !

 

On a adoré cette étape et on ne regrette absolument pas le détour. Maintenant, place à la ville et d’abord à Adelaïde qui nous attend dès demain.

Darwin

A peine arrivés à Darwin de bon matin car personne ne pouvait plus dormir, on retrouve granDarwind-maman avec un immense bonheur. Jérémy court vers elle et lui saute au cou. Alexis est plus retenu maintenant qu’il est un grand mais tout heureux aussi. Pendant que Yanick ramène la voiture, on profite de la super place de jeux en face de notre hôtel et surtout de rattraper tout ce que l’on n’a pas pu raconter à grand-maman pendant ces derniers mois !

Malgré l’état des pneus et du parebrise de la voiture, l’agent de Britz n’a pas bronché et Yanick nous rejoint vite pour un petit tour de ville.

On profite ensuite du pique-nique pour faire de grand-maman une vraie aussie puisqu’elle doit déjà goûter le cidre. Le test est réussi, elle va pouvoir survivre au régime local !

Un tour à l’hôtel pour aller chercher tous les cadeaux de grand-maman, qui nous a gâtés en nous amenant notamment plein de livres et des produits de beauté bienvenus pour Mélanie,…

… un après-midi autour de la piscine (mais surtout de grand-maman) et on est déjà le soir. On découvre le Waterfront Precinct, un quartier récemment réaménagé très sympa où on dégustera un bon poisson au bord de l’eau tout en admirant le coucher de soleil. Cette magnifique journée a filé à une vitesse hallucinante puisqu’on doit déjà de nouveau quitter grand-maman mais cette fois pour cinq jours seulement. On a hâte de la suite !

Quand on a réservé notre séjour à Darwin, on pensait que l’on aurait besoin de repos après le périple en camping mais en fait ce n’est pas du tout le cas. On va donc passer des journées très (trop) tranquilles entre place de jeux, remise en beauté (enfin un vrai salon, une vraie coiffeuse et une vraie coupe pour Mélanie qui attendait cela depuis l’Argentine !), piscine et reprise de l’école. Tout le monde ayant à nouveau de la lecture, on dévore surtout les livres et journaux amenés par grand-maman, quel bonheur ! Les enfants sont tout contents car cela faisait cinq mois qu’ils lisaient les mêmes livres et 45 jours qu’ils n’avaient plus pu lire.

Même si Darwin se situe au bord de la mer, la ville n’est pas du tout tournée vers elle. Personne ne se baigne (on ne fera pas exception) et on comprend vite pourquoi en lisant les panneaux d’avertissement sur les dangers qui guettent les imprudents !

On profitera tout de même de ce séjour pour découvrir un chouette musée, quoi qu’un peu fouilli, sur le Territoire du Nord et l’art aborigène local. Les loulous s’effrayeront à la vue des serpents, araignées et autres scorpions qui hantent les environs. Ils seront aussi scotchés par la grandeur d’un crocodile marin empaillé (5 mètres et 780 kilos !). Les parents eux s’intéresseront à l’art aborigène (encore que l’art contemporain soit comme toujours un peu difficile à appréhender) et aux conséquences du cyclone Tracy qui a complètement détruit la ville la nuit de Noël 1974.

Le dimanche (et le jeudi) à Darwin se tient le Mindil Beach Sunset Market, une sorte de Paléo sans musique (et sans sandwich au foie gras et magret) ou de Luna Park sans carrousels. Bref, des stands de nourriture de toute provenance (la version aussie du street food), des stands d’artisanat et de pacotilles et quelques animations locales comme des musiciens, un lointain descendant de Crocodile Dundee qui fait claquer son fouet ou des serpents et perroquets avec lesquels on peut se prendre en photo. La moitié de Darwin vient ici en famille pour manger et admirer le coucher de soleil. On n’est pas tous seuls mais il est vrai qu’il est beau ! Côté nourriture, on goûtera du poulet satay, une noodle soup bien épicée (le goût pour la nourriture asiatique ne nous a pas quittés) et une pizza pour Jérémy (!) Les loulous s’amuseront bien et Mélanie appréciera aussi l’ambiance. Yanick lui n’a pas aimé et n’a même pas trouvé quelque chose qui lui plaise à se mettre sous la dent.

On est maintenant totalement reposés et au taquet pour découvrir l’un des plus beaux sites d’Australie : Ayers Rock que les enfants attendent depuis longtemps !

On dit au revoir à nos amis les wallabies et on se dirige vers Leliyn (Edith Falls), un site plus au nord du parc. Une petite marche nous permet d’admirer le bassin inférieur mais surtout de grimper jusqu’au bassin supérieur, une magnifique piscine naturelle avec une douche sous la cascade. Vu la chaleur, on ne se fait pas prier pour se jeter à l’eau ou s’humidifier pour Jérémy (!). Le site est splendide et on ne regrette pas notre arrêt, même pas après avoir aperçu un habitué du camping semble-t-il !

Le Litchifield National Park sera la dernière grande étape de notre roadtrip puisque nous avons prévu d’y passer quatre jours. Ce parc est moins connu que le Kakadu voisin, que nous avions découvert – et adoré – il y a neuf ans, et nous avions envie de l’explorer car il semble très beau. On en a un premier petit aperçu en allant admirer des termitières géantes construites par des termites cathédrales et des termites magnétiques. Le site est toutefois un peu décevant car il faut se contenter de voir les termitières d’assez loin depuis un chemin de passerelles et certaines termitières sont même entourées de barrières. Le tout n’est donc pas très sauvage.

On est ensuite contraints de nous arrêter dans un camping en dehors du parc car, à l’intérieur, il n’y a que des campings basiques sans électricité et que nous devons recharger nos appareils. On profite donc d’un après-midi de repos pour refaire un peu d’école (à croire que tout a été oublié, grrr, on va devoir reprendre nos élèves en mains !), jouer et piquer une tête dans la piscine.

Le lendemain, on part en direction du nord du parc national. La deuxième déception sera que la route qui permet de rejoindre les différents sites est entièrement goudronnée tout du long et Yanick ne peut donc plus s’en donner à cœur joie avec le 4×4 !

On fait une première marche à Walker Creek jusqu’à des jolis bassins où on se baignera dans l’eau transparente. Ce n’est par contre pas le « bijou » que l’on nous avait promis et le ruisseau semble plus proche du Talent que des gorges du Kimberley !

Ensuite, un arrêt pique-nique à « Cascades » où on renonce à marcher car cela ne semble pas très intéressant au vu du panorama depuis le « lookout » (peut-être le plus moche depuis notre arrivée en Australie !).

Enfin, le site phare du Litchfield, les Wangi Falls qui, elles, sont superbes (mais trop peuplées). On marche jusqu’au sommet sur la version locale du sentier « rocky », soit un ou deux cailloux ici ou là. Il y a même des parties bétonnées, on est consternés ! Les points de vue sont par contre très jolis car on surplombe les chutes et la forêt tropicale. Le climat a en effet changé. Il fait par ici très humide et, après la savane, on découvre la jungle locale.

On profitera ensuite d’une baignade bien méritée car on souffre vraiment de la chaleur et de l’humidité. En plus, l’eau ici est bien plus chaude que dans les gorges, c’est donc plus agréable de barboter !

Après une soirée et une nuit tropicales, humides et infestées de moustiques, qui nous voit nous réveiller tout aussi mouillés que lorsqu’on s’est endormis, et nous font presque oublier comme on a adoré le camping jusqu’ici, on part en direction des Tolmer Falls, des jolies chutes que l’on admire depuis une plateforme.

On va ensuite profiter des superbes bassins et petites cascades du Buley Rockhole qui serait idyllique si ce n’était pas le Rimini local… On apprécie tout de même la baignade malgré la foule, on joue les explorateurs dans les cascades et les bassins et Alexis s’éclate à se laisser emporter par le courant d’une plus grosse chute. Un chouette arrêt.

On se dirige enfin vers le dernier site, les Florence Falls. Encore une fois, les chutes en elles-mêmes sont superbes mais le site bétonné est très peuplé et ne nous impressionne pas réellement du coup.

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Au final, le Litchfield National Park, malgré des sites très beaux, restera une déception pour nous qui nous attendions à un parc sauvage et nature comme on les avait connus jusque-là alors que nous nous sommes retrouvés au milieu de chemins bétonnés et de hordes de visiteurs bières à la main pas du tout sympathiques. On décide donc de le quitter sans y dormir une nuit de plus et de se rapprocher de Darwin pour profiter d’un après-midi et d’une journée tranquille dans un camping où les enfants pourront jouer sur un « jumping pillow », dans l’aqua splash et dans la piscine. Ils l’ont bien mérité après ce périple qui n’a pas toujours été de tout repos pour eux et durant lequel ils nous ont bluffés et se sont montrés exemplaires.

Après 46 jours et quelque 8’485 kilomètres de périple, nous voilà à Darwin. Yanick se réjouissait de faire découvrir la côte ouest de l’Australie aux enfants, Mélanie rêvait de découvrir cette région où Yanick avait promis de l’emmener il y a neuf ans et qu’il lui avait tant vantée, et les enfants avaient seulement hâte de partir à l’aventure. Au final, on peut dire que la réussite est absolument totale. On a adoré chaque centimètre de route ou presque et il n’y a pratiquement pas un jour où nous n’avons pas vu des paysages grandioses et superbes. Ce périple a en plus été le plus riche de toute l’aventure, à tous les niveaux : humain, car nous avons fait de très jolies rencontres, mais aussi appris à mieux nous connaître entre nous et nous-même, à dépasser nos peurs et à sortir de notre zone de confort, découvertes, car, comme on l’a déjà expliqué plus haut, on a vu des paysages époustouflants presque tous les jours et que l’on a pu observer de nombreux animaux sauvages dans leur habitat naturel, aventure car on est sortis des sentiers battus, on a découvert des endroits isolés sans personne autour de nous où on a pu vivre coupés du monde. Mélanie ne pensait jamais pouvoir écrire cela mais on a va tous, elle y compris, regretter le camping et c’est avec une énorme nostalgie qu’on dit au revoir à notre fidèle Landcruiser qui nous aura permis de vivre tant de belles aventures. Heureusement, la joie de retrouver grand-maman adoucit notre tristesse !

La route de retour des Bungle Bungle a été avalée aussi vite, et bien, que celle de l’aller et on passe un après-midi blog au camping de Kununurra pendant que les enfants jouent pendant des heures à construire tout un quartier d’habitation avec même des routes pavées, de futurs architectes !

Le lendemain, on fait tout d’abord un arrêt dans le Mirima National Park, qui abrite des gorges érodées censées être pareilles à celles des Bungle Bungle, mais en miniature, ainsi que des peintures aborigènes. Forcément, comme on y est accoutumés maintenant, on manque ces dernières, qui ne sont pas signalées. Cela va finir par être la malédiction de ce roadtrip alors que les enfants nous en réclament depuis longtemps, grrr. Les paysages et les vues sont jolis et il y a une marche expliquant les différentes utilisations des arbres par les aborigènes qui contentera tout de même les loulous.

On décide ensuite de faire un petit détour par le lac Argyle, formé par un barrage et deuxième réservoir d’eau d’Australie (pour une comparaison, il représente 18 fois le volume du port de Sydney). Le camping surplombe le lac et offre de jolies vues sur les falaises rouges. Il est par contre très occupé et on n’est un peu les uns sur les autres. Cela nous fait bizarre après ce qu’on a vécu jusque-là et on ne peut pas dire qu’on apprécie trop !

On pique une tête dans la superbe piscine à débordement (enfin, Yanick et Alexis seulement car elle est gelée) et on part pour une marche à travers la savane jusqu’à un joli mirador sur le lac. Les enfants ne sont pas emballés malgré les belles vues. Il faut dire qu’il faut traverser des hautes herbes qui piquent et risquent d’abriter des serpents (c’est contagieux la peur surtout depuis qu’Alexis a trouvé un serpent – mort heureusement – à quelques centimètres de ses pieds aux Bungle Bungle).

On leur promet un repos et des jeux sur la plage du camping pour les apaiser mais celle-ci se révèlera n’être qu’un radeau flottant. Ils ne pourront donc même pas pêcher le Barramundi comme ils l’espéraient. Bref, le programme du jour ne les a pas totalement satisfaits… Heureusement, de retour au camping, ils jouent à cuisiner une noix de baobab, ce qui intéresse beaucoup les petites filles de la caravane d’à côté qui tentent de se joindre à nos deux petits sauvages, mais avec difficulté.

Ce 6 juin, nous fêtons aussi notre anniversaire de mariage. On passe une très belle soirée qui commence par un apéro au beer garden, continue avec un repas poulet curry et Sauvignon blanc, le plat de fête du camping, et se termine par un magnifique dessin de Jérémy. Alors d’accord ce n’est pas la vie de château comme à Saulon mais on se souviendra toute notre vie de nos neuf ans de bonheur, d’autant qu’on est aujourd’hui toujours autant, voire doublement plus, heureux grâce à nos deux loulous d’amour.

Pour une fois que l’on pouvait faire la grasse mat’, les loulous réveillent Mélanie à 6h00…. Il ne faut plus qu’ils se plaignent de se lever tôt ces deux-là ! On part donc assez tôt pour un joli lookout sur le lac qui ne nous emballe toutefois pas totalement.

On décide ensuite de faire un détour par le Keep River National Park qui est sauvage et méconnu. On y fait une première promenade qui nous plaît moyennement mais nous permet de voir notre première peinture aborigène, yes !

Sans enthousiasme, on se dirige vers la deuxième marche, tout en se disant qu’après toutes les beautés de ces derniers temps, on va peut-être être difficiles à contenter pour nos derniers jours de camping. On arrête toutefois assez vite de ronchonner car la balade est juste superbe avec des vues à couper le souffle. C’est peut-être l’une des plus belles depuis le début du périple. On adore et on regrette presque de ne pas avoir poussé jusqu’au camping plus lointain pour découvrir la dernière marche.

Au passage, on a aussi traversé la frontière qui sépare l’état de l’Australie Occidentale de celui des Territoires du Nord. Pour vous donner une idée des distances, on a roulé plus de 7’500 kilomètres dans le premier état et on n’est pas partis de la frontière sud ! Cette traversée nous permet aussi de passer dans un autre fuseau horaire avec 1h30 d’avance. Peut-être que l’on va pouvoir retrouver des horaires « normaux » puisqu’il ne fera plus nuit noire à 17h00 !

Au camping de Timber Creek, une grande bourgade de 231 habitants, où on s’arrête pour la nuit pour couper la longue route jusqu’à notre prochaine destination, on profite de l’attraction du soir, le nourrissage des crocodiles d’eau douce et de petits oiseaux de proie. Un spectacle assez impressionnant, le crocodile étant juste en dessous de nous qui le surplombons sur un petit pont et les oiseaux étant super agiles. On a aussi la (mal)chance de voir une énorme colonie de chauve-souris géantes à côté desquelles Batman fait Mickey. C’est une vraie engeance ces bêtes : non seulement ça pue mais en plus elles vont nous empêcher de dormir une bonne partie de la nuit avec le bruit qu’elles font !

Une longue route nous emmène jusqu’à Katherine où nous allons faire les commissions pour les derniers jours. La ville est bondée de gens qui zonent et dégage une très mauvaise atmosphère avec des policiers et des caméras partout. On repart donc très vite, mais en ayant tout de même attendu l’heure d’ouverture du bottle shop (on ne voudrait pas finir le périple sans alcool !), en direction du Nitmiluk National Park où nous allons passer les deux prochaines nuits. A peine arrivés au camping, nous sommes accueillis par des adorables wallabies avec leurs bébés dans la poche. On est d’emblée emballés, enfin jusqu’à ce que les enfants et Mélanie voient le panneau aux toilettes avertissant les hôtes de la présence possible de pythons olive pouvant mesurer de 1 à 4 mètres et adorant passer dans les toilettes !

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Le lendemain, on part pour une marche à la découverte de Katherine Gorge. Malheureusement, une fois de plus, les prix des tours en bateau ou en canoé sont tellement indécents que nous y renonçons. Nous ne pourrons donc voir que la première gorge et un aperçu de la deuxième, les autres (il y en a neuf au total) étant trop éloignées. La marche mène vers de jolis points de vue sur la rivière et il y a des belles plages de sable mais elle est longue et il fait encore plus chaud que d’habitude. C’est donc un peu rude, surtout pour Jérémy, mais on le comprend, on a tout de même marché 4h30 et quasiment 11 kilomètres, bravo les champions ! Heureusement, la piscine du camping nous attend et on passera une fin d’après-midi reposante et rafraîchissante !

On a tous tellement peu envie que l’aventure se termine que l’on décide à l’unanimité de repartir dès le lendemain en direction de Purnululu National Park et des Bungle Bungle qui devraient être notre dernière étape un peu « route ». On s’arrange donc pour faire les commissions, le plein, la lessive, un excellent curry et publier deux articles sur les trois en retard avec un wifi très lent, le tout en un après-midi et une soirée à Kununurra. C’était ambitieux et on s’est couchés un peu tard mais on en a profité pour regarder un match de foot australien à la télé de la camp kitchen du camping. On a aussi pu recharger tous nos appareils électroniques. Il faut savoir qu’ici, c’est le problème principal que nous avons rencontré. Les campings n’ont pas toujours d’électricité pour nos appareils gourmands et, en plus, notre adaptateur spécial prises triples suisses n’est pas adapté à la plupart des prises d’ici. Ça peut paraître anecdotique mais, pour nous, cela a été un vrai challenge, bien plus que l’eau, l’essence ou la nourriture.

La route pour le Purnululu National Park est, d’après les personnes que nous avons rencontrées, pour les plus optimistes, très mauvaise et, pour les autres, la pire d’Australie. Il faut semble-t-il s’attendre à parcourir les derniers cinquante kilomètres en deux heures et demi et il y en a 250 avant. On part donc à l’aube et on se prépare à un long trajet. Au final, ces fameux derniers kilomètres sont du « pipi du chat » pour Yanick qui est prêt pour le Paris-Dakar et le rallye du Valais réunis. D’accord, elle tourne un peu (beaucoup) mais une fois les pneus dégonflés, et avec Yanick au volant, elle nous prend 1h10… On arrive donc en fin de matinée dans le parc et on commence la visite par une balade dans Echidna Chasm, une faille dans la paroi orange constituée de cailloux agglomérés grâce à l’eau et à la compression au fil des millions d’années. Il y a des passages impressionnants et le tout est très beau.

Un joli mirador et une superbe marche dans Mini Palms Gorge termineront le programme de cette journée bien chargée avec plus de six kilomètres de marche. Autant dire que les loulous sont bien fatigués et que l’apéro, à défaut de douche, sera bien apprécié par tous. Après le succulent repas de Yanick (poulet et pâtes, un repas de fête selon les enfants), on admire encore quelques minutes le ciel étoilé et on tombe tous endormis bien vite.

Le lendemain, on découvre la partie sud du parc national et les Bungle Bungle elles-mêmes, qui sont la curiosité majeure du lieu. Trois superbes marches nous permettront d’admirer ces dômes de grès de plus près. Les stries de couleur, formées par l’oxydation du fer pour les rouges et des algues pour les noires, donnent des jeux de couleur dont on ne se lasse pas, c’est splendide. On aurait bien continué la découverte mais les autres marches sont trop longues en pleine chaleur de midi et on repart donc en direction de notre camp du soir pour un peu de repos bien mérité (mais toujours pas de douche ; cela sera définitivement l’étape la plus route à ce niveau-là, on vous épargne la description des odeurs dans la tente…). On en profite aussi d’être quasi seuls pour observer tous les petits oiseaux qui viennent boire l’eau du robinet, un adorable spectacle pour les enfants puis on file au dodo à 18h30 (record battu !).

Au final, on a aura à nouveau adoré cette étape. Yanick en avait un merveilleux souvenir et à juste titre. Les paysages nous ont éblouis et le camping plus sauvage dans la nature ravis.

Après avoir dignement fêté la superbe escapade aux Mitchell Falls avec un apéro au beer garden et une bouteille de blanc (et accessoirement une bonne douche puisqu’il n’y en avait pas le soir précédent ; devinez ce qui a fait le plus de bien ???!), on reprend la route le lendemain pour rejoindre la Gibb River Road. Pour ce cinquième jour, ce sera seulement de la route jusqu’à Home Valley Station que l’on nous a chaudement recommandé. Le complexe est en effet superbe et n’a plus rien à voir avec les précédents campings : une super place de jeux pour les loulous et une piscine bien agréable. On profite donc d’un après-midi de repos tranquille qui ne fait pas de mal.

On a maintenant adopté l’horaire local et c’est à 7h30 tapantes, après avoir eu largement le temps de manger le petit-déjeuner, que l’on part pour la marche du jour, le Bindoola Gorge Lookout Trail, qui serpente au milieu de la savane du Kimberley avant d’arriver à deux miradors qui surplombent la gorge. C’est joli mais sans rien d’exceptionnel et les loulous sont déçus car on ne voit aucun crocodile, contrairement à ce que l’on nous promettait. A la fin de la marche de six kilomètres, on repart donc en direction de l’intérieur de la gorge mais on s’arrêtera assez vite car on ne voit pas grand chose de la rivière à travers les arbres et qu’au vu de la faune qui peuple les lieux, il vaut mieux éviter d’approcher les rives de trop près. On aura quand même marché deux heures et demi et on aura donc mérité la fin de matinée à la piscine. L’après-midi, rebelote pour une piscine et du repos qui fait franchement du bien après toutes les heures de route que l’on a faites ces derniers jours.

On a aussi profité du super restaurant en plein air de la « station » pour goûter le barramundi, un poisson australien typique et des menus enfants pour les loulous (chicken nuggets et fish and chips). On aurait pu croire qu’ils seraient super heureux mais, à l’annonce du menu, ils font une tête longue comme ça et nous ont dit que « cela ne faisait pas rêver »… Au final, ils ont tout de même dévoré et adoré leur plat, d’autant qu’il y avait une glace en dessert et des coloriages sympa à faire.

En quittant Home Valley Station, on fait un petit détour pour aller admirer les Bindoola Falls, enfin surtout le bassin dans lequel elles se jettent, car il n’y a pas beaucoup d’eau. C’est une superbe petite marche.

Pour la petite histoire, il y a quelques points sur la route ici où on devrait pouvoir avoir un peu de wifi et, comme tous les autres véhicules, on la parcourt donc au ralenti pour tenter d’obtenir une connexion et guetter le passage au vert du bouton wifi sur notre GPS, … sans grand succès ! Tant pis, les nouvelles attendront !

On traverse ensuite la Pentecost River qui est assez large et impressionnante et offre une jolie photo, semble-t-il très connue ici. On a par contre renoncé à faire comme notre voisin du camping et à la traverser quatre fois pour, au passage, en faire un film… On n’est pas encore des vrais acharnés ! Par contre, on adore les paysages montagneux très différents de ce que l’on avait vu jusque-là et on se régale.

Le prochain arrêt sera pour El Questro qui est une énorme ancienne station d’élevage (400’000 hectares) reconvertie en resort pour tous les budgets. On a rencontré tellement de gens qui critiquent ce camping et nous disent de ne pas nous y arrêter que l’on redoute le pire. A l’arrivée, on ne réserve donc qu’une nuit et on part aux Zebede Springs, des sources d’eau chaude naturelles dans un somptueux décor. On a suivi le conseil que l’on nous avait donné et on arrive donc après la foule. Heureusement car on trouve tout de même qu’il y a beaucoup de monde ! C’est que l’on deviendrait sauvages ! On passe tout de même un chouette moment dans l’eau qui a entre 28 et 32 degrés, ça délasse bien.

Départ ensuite pour El Questro Gorge que nous n’allons parcourir qu’à moitié. Le chemin est compliqué car il faut marcher dans le lit de la rivière avec d’assez gros cailloux et les loulous fatigués glissent et tombent beaucoup. C’est tout de même très joli et le bassin au bout, ainsi que la baignade bien sûr, sont superbes.

Retour ensuite au camping (avec passage d’une rivière très profonde qui nous permet d’inaugurer le tuba de notre voiture) où on retrouve avec joie Peter et Jenny que nous avions rencontré aux Mitchell Falls. On leur avait fait part de nos problèmes de nourriture (on pensait faire huit jours sur la Gibb River, on a pris de la réserve pour dix et nous en sommes au onzième tellement on y est bien…) et ils nous ont acheté des pâtes sur leur route. C’est tellement gentil, on n’en revient pas. Ils sont en train de cuire un gâteau au feu de bois et, en bons grands-parents, ils proposent aux enfants d’en faire un à leur tour. Autant dire que les loulous ont été aux anges de préparer le gâteau et de faire le feu. Cela leur a rappelé les souvenirs pâtissiers de Cugy. Une géniale expérience dont ils se souviendront longtemps !

On passe ensuite la soirée au bar du camping avec Peter et Jenny pour manger des burgers et des pizzas en écoutant de la country australienne, puis devant notre tente car on n’est pas fan et le chanteur ne permet pas de s’entendre tellement la sono est forte. Une superbe fin de journée avec un couple adorable et une rencontre précieuse comme on les aime. Entretemps, on a aussi réservé une nuit de plus ici car, à nous, le camping nous plaît et qu’il y a encore beaucoup à y découvrir.

On continue donc notre découverte d’El Questro le lendemain par une marche dans Amalia Gorge. Une magnifique découverte avec à la fin un bassin et une cascade juste pour nous qui feront le bonheur de Yanick qui s’y est baigné malgré le froid et les éventuels crocodiles (et sans maillot !).

Après, ce seront deux « lookout » avec des vues à couper le souffle, Pigeon Hole et Branco’s. Pour arriver à ce dernier, il faudra traverser une rivière pendant de longues minutes, vu les grosses pierres, ce qui nous permettra même de voir un petit crocodile à chaque passage. Les enfants sont tout heureux car ils étaient frustrés de ne pas en avoir revus. On déguste aussi le gâteau d’hier au dessert en profitant de la vue. Miam, encore meilleur quand on l’a fait soi-même !

On a ensuite rendez-vous avec Peter et Jenny qui ont promis aux enfants de faire du pain au feu de bois avec eux. Autant dire qu’une fois de plus, ils se réjouissent à fond, ce qui nous a valu quelques minutes de tranquillité quand ils n’étaient pas sages grâce à la menace de ne pas pouvoir faire le pain. On sait, on sait, la menace n’est pas une bonne méthode éducative mais ça fonctionne du tonnerre !!! Les loulous vont pouvoir aller voir l’atelier de la station avec Peter, faire le feu, préparer le pain et même rouler en étant accrochés derrière le 4×4 de Peter. Ils sont hyper contents et ont perdu leur timidité même avec des personnes qui ne parlent qu’anglais, cela fait plaisir à voir. On passe à nouveau un après-midi inoubliable.

On démarre notre douzième et dernier jour sur la « Gibb » en beauté avec un petit-déjeuner durant lequel on déguste le pain d’hier avec Peter et Jenny. Du vrai pain après les toasts de ces derniers temps, trop, trop bon. Même Alexis l’aime, c’est dire ! On dit au revoir à Peter et Jenny avec tristesse mais avec la promesse de revenir les voir chez eux et on part en direction de notre dernière gorge, Emma Gorge.

Une très jolie promenade, un superbe bassin avec cascade et un serpent ! Le premier sur terre sur la Gibb River Road alors qu’on nous en promettait des tonnes ! Ouf, car c’est déjà assez effrayant comme cela, pour ne pas dire plus !

Cette fois ça y est, on a survécu à la Gibb River Road, comme les autocollants vendus ici le disent. En plus, on l’a faite sans absolument aucun problème mécanique, ce qui n’était pas évident. Et dire qu’on la redoutait ! On a la nostalgie d’une fin de parcours et on la quitte vraiment à regret. On serait même encore restés plusieurs jours tellement on a adoré notre parcours, les paysages magnifiques, les gorges sauvages et tous les australiens sympathiques que l’on a croisés. Il règne sur cette route une ambiance vraiment particulière et on a l’impression de ne pas avoir tout exploré. On pourrait donc nous y revoir un jour (mais seulement quand Yanick aura trouvé une solution au grand problème de Mélanie : les toilettes où aller au milieu de la nuit ; elle a toujours tellement peur de marcher sur un serpent qu’elle s’est même perdue dans l’un des camps à force de regarder ses pieds, un grand moment de solitude partagé avec un wallaby) !

On fait donc un petit écart hors de la Gibb River Road pour s’arrêter à Drysdale River Station, encore un point stratégique où l’on peut faire le plein et profiter du beer garden, ce dont on ne va pas se priver car il est fort agréable.

Le lendemain, réveil très matinal puisqu’on se prépare à une très longue et difficile route. Au final, Yanick, le Fangio des routes australiennes, aura mis moins de quatre heures, là où on nous en prédisait cinq et la route nous a presque paru facile par rapport à celle pour se rendre à Wunnumurra Gorge. On a donc pleinement le temps pour profiter de l’après-midi au bas des Little Mertens Falls, un petit avant-goût des grandes sœurs les Mitchell Falls que l’on va découvrir le lendemain. On renoncera par contre à la marche jusqu’au point de vue sur la rivière car on n’a pas pris assez d’eau et qu’il fait une chaleur écrasante. Les loulous vont donc avoir tout le loisir de se défouler au camping en courant, en sautant et en jouant avec leurs lances (les jeux seront d’autant plus longs que notre manche de casserole a cédé et que toutes les pâtes du souper sont tombées dans la terre, on a donc dû recommencer le repas de zéro, belle ambiance quand on a des enfants affamés…).

Une fois de plus, réveil aux aurores pour débuter la marche tôt (à 7h00) vu la chaleur (à 9h00, cela devient déjà difficile à supporter !). En plus, on a une surprise pour les loulous qui ont été super braves jusque-là : on va descendre aux chutes en marchant mais remonter en hélicoptère et on doit donc faire un petit briefing de sécurité avant de commencer la promenade. Comme on a une heure de rendez-vous pour l’hélico, on avale assez rapidement la marche qui passe au-dessus des Big Mertens Falls avant d’arriver au sommet des chutes Mitchell elles-mêmes.

On traverse la rivière comme on peut (sur le dos de Yanick pour les enfants) et, après quelques minutes supplémentaires de marche, on arrive vers de superbes points de vue sur les quatre chutes. C’est magnifique et vertigineux, on a le souffle coupé. Mélanie les préfère même que celles d’Iguazu (mais cela doit être une question de monde !). On regrette par contre que le sentier n’ait pas été assez bien balisé pour que l’on puisse trouver les peintures aborigènes sur le chemin, dommage, on espère se rattraper plus durant le périple.

Une baignade et on va prendre notre hélico-taxi. L’hélicoptère n’a pas de portes et passe plusieurs fois par-dessus les chutes. C’est réellement spectaculaire et magique. Toute la famille a le sourire jusqu’aux oreilles et se régale. Dommage que cela ne dure que six minutes ! De magnifiques vues qui valaient mille fois le détour ! Heureusement que Yanick a insisté pour venir jusqu’ici, on a tous adoré !

La Gibb River Road a tout de suite commencé de façon sportive pour nous puisqu’après quelques minutes de route seulement, on a déjà reçu un caillou dans le parebrise qui est bien fissuré maintenant, puis shooté un pauvre wallaby qui y aura passé. Et dire que l’on roule encore sur le bout goudronné, on redoute le pire pour la suite… Heureusement, cela se passe beaucoup mieux ensuite et on arrive à Windjana Gorge en fin de matinée pour profiter d’une jolie marche le long de la gorge. Les falaises, qui faisaient partie d’un récif sous-marin il y a des millions d’années, sont impressionnantes, même si les couleurs sont moins éclatantes que d’habitude puisque le ciel est nuageux. Par contre, on ne manque pas la grande curiosité du lieu : tous les crocodiles d’eau douce qui vivent là. On en voit au moins une quarantaine. Même s’ils sont moins agressifs et grands que leurs cousins d’eau salée, ils n’en sont pas moins impressionnants pour les loulous.

La fin de journée sera consacrée à jouer au foot australien avec le nouveau ballon des enfants (l’ancien a éclaté hier quand le gérant du camping a essayé de le regonfler et il nous a gentiment offert celui-là en échange). Alexis et Yanick ont trouvé un autre joueur et s’en sortent avec les honneurs. Quant à Jérémy et Mélanie, ils joueront aux cartes en attendant l’apéro !

Notre deuxième jour sur la Gibb River Road commence de façon bien meilleure que le jour précédent puisqu’on a l’énorme chance d’apercevoir, d’abord un wallaby au bord de la route, puis tout un groupe qui boit au bord d’un ruisseau, et enfin encore un sur la route, qui s’est même arrêté pour nous regarder. Des visions magiques, on n’en revient pas.

La route, elle, est superbe et nous permet de voir de magnifiques paysages et de traverser plusieurs ruisseaux en voiture. La vraie aventure selon les enfants, ils adorent !

L’arrêt du jour est pour Bell Gorge. On marche d’abord en pleine végétation jusqu’au bord de la rivière puis on poursuit jusqu’au bas de chutes. Le tout est absolument sublime et on reste une fois de plus émerveillés. Malgré l’eau relativement froide (et l’oubli des maillots !), on profite pour piquer une tête bien méritée au pied de la cascade. Que du bonheur une fois de plus. On a passé une journée de rêve !

En fin de journée, on passe par l’un des points importants de la route, l’Imintji Store, où l’on peut faire le plein (il n’y a que deux stations-service sur la Gibb) et se ravitailler en produits de base. De notre côté, on s’y arrête pour payer notre place de camping, juste le temps de se rendre compte qu’on en a vite fait le tour et qu’il faut être bien courageux pour travailler ici à l’année !

Programme chargé pour ce troisième jour. On fait tout d’abord un petit arrêt par une gorge peu connue, Adcock Gorge, qui vaut bien la route aventureuse pour y arriver. Cette fois, c’est la vraie « activation 4×4 » comme disent les loulous : passage de rivière et grosses pierres qui font pencher la voiture. Les enfants rigolent, Mélanie s’accroche.

On s’arrête ensuite à Galvans Gorge pour la première baignade de la journée après une courte marche jusqu’à la cascade. C’est une petite gorge vraiment charmante et on l’a beaucoup aimé, d’autant que Yanick a pu s’amuser à jouer les Tarzan depuis un arbre et Alexis plonger depuis la cascade. Jérémy ? Il ne met toujours pas un orteil dans l’eau… Elle n’est pourtant pas si froide puisque même Mélanie y plonge !

Enfin, Manning Gorge, où la marche commence par une traversée en bateau que l’on fait avancer en tirant sur une corde,…

… et qui continue par deux kilomètres et demi de sentier par-dessus les falaises et en pleine chaleur pour arriver à un superbe bassin et à la cascade tout aussi magnifique. On a tous eu bien chaud et on hâte de la baignade ! On a même réussi à convaincre Jérémy et, du coup, pour une fois, on plonge tous les quatre ! Jérémy adore tellement maintenant qu’il n’a plus peur que c’est lui qui y restera le plus longtemps malgré que ce soit l’eau la plus froide depuis le début ! On ne va pas chercher à comprendre… Pique-nique, re-baignade et on se met en route pour le retour. Au final, une fois de plus, les enfants auront marché comme des champions malgré la chaleur et ils auront avalé les cinq kilomètres de marche en moitié moins de temps que le parcours prévu. Bravo à eux !

Le camping ne nous paraissant pas très sympa et Mélanie en ayant repéré un autre semblant très beau un peu plus loin et hors des sentiers battus (même ici, il y a des « sentiers battus » et parfois plus de voitures que sur l’autoroute !), on reprend la route jusqu’à Mount Elizabeth Station, une ferme au milieu de nulle part (6’000 têtes de bétail et 200’000 hectares), qui fait aussi camping. Le lieu est très beau et on a surtout la chance de voir une dizaine de wallabies tout proches de nous dans le champ d’à-côté. Une vision magique de plus !

Une journée parfaite qui se terminera au coin de l’énorme feu préparé par Yanick qui semble avoir fait scoutisme ou camping en plus d’architecture, tellement il maîtrise ! Les loulous sont tout excités de pouvoir enfin profiter du feu qu’on leur promettait depuis longtemps et les steaks hachés cuits au feu de bois succulents. On est vraiment trop bien !

Au matin du quatrième jour, c’est festival de wallabies pour le début de la difficile route qui nous mène à la gorge privée de la « station », Wunnumurra Gorge. Cela nous a heureusement donné du courage pour la suite car le trajet était bien compliqué : passage de rivières et surtout chemins et descentes raides et caillouteuses avec d’énormes pierres. C’est très impressionnant. Mélanie ferme souvent les yeux tout en s’accrochant mais Yanick s’en sort hyper bien et la voiture est définitivement parfaite pour ce genre de routes.

Une fois de plus, la gorge est superbe, l’une des plus belles depuis le début, et la baignade bien rafraichissante. On passera un super moment sur place avec l’impression d’être privilégiés puisque seuls les occupants du camping peuvent venir jusqu’ici. Malheureusement, juste avant la deuxième baignade, on voit un gros serpent qui nage tranquillement dans le bassin. Alexis et Mélanie vont donc renoncer à replonger et seul Yanick sera courageux.

Encore un joli grand feu, plein de wallabies et voilà déjà nos deux jours à Mount Elizabeth passés. Pour l’instant, c’est le grand coup de cœur de la Gibb River et on lève le camp à regret ! Heureusement, sur la route, on découvre la plage privée de la ferme, Warla Gorge, qui se révèle une merveille de plus où les loulous vont pouvoir jouer et tenter de pêcher le souper pendant de longues minutes.

Jusqu’à aujourd’hui, la route en elle-même a été vraiment bonne hormis lorsqu’on en est sortis pour aller explorer des gorges. On a aussi eu des douches chaudes partout et ce n’est donc pas totalement l’aventure en terre inconnue et sauvage. C’est par contre complètement fou de nos jours, et dans un pays développé, de rouler cinq jours sans aucun réseau wifi, ou même téléphone. On ne trouve des cabines à pièces comme à l’époque que dans quelques roadhouses vraiment isolées et il n’y a aucune possibilité d’utiliser son portable. C’est un peu stressant d’être coupés du monde mais au final, on s’apercevra que l’on n’a rien loupé sauf des mails publicitaires…

Puisque tout se passe bien jusque-là, on décide de pousser l’exploration jusqu’aux Mitchell Falls. La route est paraît-il très rude mais on est rôdés maintenant et Yanick a envie de les voir depuis vraiment très longtemps !

 

Après sept heures de route pour avaler les quelque 600 kilomètres séparant Port Hedland de Broome, et un seul arrêt de cinq minutes à Eighty Mile Beach, histoire pour Yanick d’assouvir son envie de rouler en 4×4 sur la plage, on décide pour le lendemain de faire une journée sans voiture. Cela nous permettra aussi, pour la première fois depuis le départ, de ne pas devoir démonter la tente et tout paqueter sur le toit, ce qui ne fera pas de mal car, même si on est rôdés maintenant, cela nous prend quand même 30 à 40 minutes à chaque fois.

On profite donc d’une journée tranquille sur la superbe plage de Cable Beach le matin, au camping pour un petit peu d’école et de jeux l’après-midi, et à nouveau sur Cable Beach en fin de journée, pour faire comme les locaux et admirer le coucher de soleil en buvant l’apéro. Une chouette journée, couronnée par le plus beau coucher de soleil du tour du monde selon Mélanie (enfin jusqu’au lendemain, comme vous le verrez en lisant la suite !).

On repart le lendemain pour de nouvelles aventures dans la péninsule de Dampier au nord de Broome. La route non goudronnée est assez compliquée mais on arrive tout de même à Cape Leveque où nous avons décidé de passer deux nuits.

Il y a deux plages, l’une pour se balader et l’autre pour nager. La première offre de superbes paysages, le contraste entre les falaises rouges, le sable et la mer étant magnifique. On y verra même un petit requin (c’est aussi pour cela que l’on ne peut pas s’y baigner !). L’autre, où Yanick et Alexis oseront braver les grosses vagues pour se mettre à l’eau, est un peu moins spectaculaire, mais très jolie tout de même et les loulous vont s’y éclater à jouer aux aborigènes. Ils sont maintenant très au point sur ce qu’il faut pour cuisiner et dormir dehors et construisent des camps incroyables, presque mieux que ceux que nous fréquentons !

Le soir, comme on y a pris goût et qu’il s’annonce superbe ici aussi, on décide de retourner prendre l’apéro en admirant le coucher de soleil. Et là, que dire, à part ouaaaaaaahhhhhhhhhh !!!! Avec la lumière du soleil couchant, les falaises rouges sont encore plus belles que l’après-midi et l’ensemble des couleurs est somptueux. C’est incroyablement beau. On est admiratifs, stupéfaits, mais aussi reconnaissants de la chance que nous avons, devant tant de beauté. Rien que pour cette vue, cela valait la peine de venir jusqu’ici. On en oublie notre déception de ne pas pouvoir faire un tour avec un aborigène (il n’y en avait pas de disponible ce week-end).

On passe ensuite une nouvelle journée au paradis pendant laquelle nous profitons d’une superbe marche qui contourne la pointe de la péninsule entre les deux plages du camping. On en prend encore une fois plein les yeux avec ces superbes couleurs et on finit par tous se baigner dans l’océan (sauf Jérémy qui n’y trempera que les pieds car Monsieur la trouve trop froide…).

Après quelques heures studieuses, on retourne jouer sur la plage et admirer le coucher de soleil. C’est qu’on y prend goût ! En plus, avec des nuages, le ciel est encore plus magique. On vous laisse apprécier, d’autant qu’après presque neuf mois de voyage, on a trouvé le mode « couleurs éclatantes » de notre appareil photo… Mieux vaut tard que jamais !

La soirée se terminera en musique, à écouter quelques chansons du groupe qui joue au camping. Cet arrêt à Cape Leveque nous aura aussi permis de rencontrer Joan, une juge de Sydney avec laquelle Mélanie aura pu comparer les systèmes judiciaires de nos deux pays et son mari Brian. Une jolie rencontre avec un couple vraiment sympathique que l’on espère recroiser à Sydney puisqu’on s’est échangés nos coordonnées. C’est l’occasion de vous raconter que les campings, mais aussi les balades, nous ont permis de rencontrer chaque jour des australiens (c’est moins le cas des autres touristes) sympas, ouverts et chaleureux et d’avoir des échanges vraiment intéressants avec eux. On a même rencontré deux fans de Federer ! Les australiens sont vraiment très amicaux et intéressés par les autres. Ils semblent savoir se contenter de peu pour être heureux, profiter de la vie et de leur famille sans trop se prendre la tête et sans passer leur vie au travail. Une belle philosophie qui nous parle beaucoup. On a vraiment le feeling avec eux.

On a été tellement contents de notre séjour à Cape Leveque que l’on décide finalement de rentrer à Broome sans dormir une nuit supplémentaire dans la péninsule par peur d’être déçus. Sur le trajet, on s’arrête tout de même à Middle Lagoon qui possède deux superbes plages, et à Beagle Bay, un village aborigène, pour y admirer l’église et son autel construit en coquillages.

A Broome, on fera encore un petit détour par Gantheaume Point, un superbe promontoire où l’on peut voir des empreintes de dinosaures à marée basse (et en cherchant beaucoup semble-t-il). On n’est pas au bon moment et on ne cherche donc même pas mais on apprécie la superbe vue sur la côte aux rochers déchiquetés et sur Cable Beach.

Enfin, une journée de préparation nous a permis de réparer le câble de notre glacière et son fusible qui, heureusement, ont eu la bonne idée de céder à Broome et non plus tard, de faire les courses pour les dix prochains jours et de nous rendre à Derby, point de départ de la légendaire – et redoutable – Gibb River Road, 660 kilomètres de piste qui compte parmi les grandes routes de l’outback australien. On nous promet de l’aventure au bout de la route (ça tombe bien, c’est ce que l’on recherche) et des services réduits au minimum (ça, ma foi on s’y fera !). On vous raconte tout ça dans dix jours !